05.10.07 - RWANDA/CANADA - LA RECONNAISSANCE DU GENOCIDE RWANDAIS ACCELERE LE PROCES MUNYANEZA

Montréal, 5 octobre 2007 (FH) – Le procès de Désiré Munyaneza s'est accéléré avec la reconnaissance par la défense, qui avait émis des doutes à ce sujet, qu'un génocide a eu lieu au Rwanda en 1994.   
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Dans un document remis jeudi matin au juge André Denis, Désiré Munyaneza et ses avocats reconnaissent qu'« il y avait bien eu crimes de guerre, crime contre l'humanité et génocide au Rwanda en 1994 », a déclaré à l'Agence Hirondelle Me Richard Perras, un des trois avocats de l'accusé.   Me Perras a précisé que cette déclaration ne signifiait pas que son client avait pris part aux exactions pour lesquelles il est jugé depuis six mois devant la Cour supérieure du Québec .   Mercredi, lors du contre-interrogatoire de l'ancien commandant de la MINUAR, un des trois avocats de la défense avait en effet douté de l'existence d'un génocide au Rwanda. Me Cohen avait déclaré qu'il n'y aurait pas eu d'extermination systématique des Tutsis par les Hutus, mais plutôt une « attitude défensive » face à « une menace réelle » venant des rebelles Tutsis du FPR.   Me Cohen avait déclaré à la presse à l'issue de l'audience qu'« il s'agit d'une définition juridique précise, ce procès est le premier du genre au pays et les distinctions sont importantes au regard des accusations ».   Selon un des trois avocats de la Couronne, plaidant pour l'accusation, la reconnaissance du génocide a pour effet de recadrer le procès : « il y a tout un volet qui aurait dû être argumenté, mais ce n’est plus nécessaaire », a déclaré à l’Agence Hirondelle Me Richard Roy.   Me Roy, qui s'est refusé de commenter les raisons de cette décision, pense que cela va avoir « une influence sur la dynamique de ce qui suit : la Couronne va refocaliser les choses sur la participation de l'accusé lui-même » aux faits qui lui sont reprochés.   Conséquence directe de cette annonce : la comparution d'André Guichaoua (sociologue), un des deux témoins experts qui devait prochainement comparaître afin de démontrer à la cour qu'il y avait bien eu génocide, est annulée.   Quant à Alison Des Forges, historienne émérite, son interrogatoire se limitera à un point précis : « sur la qualification du conflit entre le FPR et le gouvernement rwandais : s'agissait-il d'un conflit armé national ou d'un conflit armé international », a précisé Me Roy.   Ainsi, la preuve de la poursuite (accusation) s'achèvera mercredi prochain, et non plus deux semaines plus tard. Ce procès s'est ouvert le 26 mars dernier.   CS/PB/GF   © Agence Hirondelle