23.10.07 - BURUNDI/JUSTICE - LES RELIGIEUX DEVRAIENT ETRE ASSOCIES A LA JUSTICE TRANSITIONNELLE

Bujumbura, 23 octobre 2007 (FH) - Le président de la Communauté islamique du Burundi (COMIBU) Cheikh Issa Salum Bagoribarira a suggéré que des représentants des différentes confessions religieuses soient associés aux mécanismes de justice de transition, dont la campagne de consultation populaire devrait démarrer bientôt à travers tout le pays.
1 min 56Temps de lecture approximatif

  « Les églises protestantes, catholiques et musulmanes doivent travailler de concert pour choisir des représentants qui n’ont peur de rien et qui sont épris de vérité », a déclaré Cheikh Bagoribarira lundi sur les ondes d’une station de radio locale.   Au Burundi, la population est catholique à 60%. environ 20% des habitants sont protestants, et les musulmans sont entre 2 et 6%. Pendant la guerre la plupart des responsables ont eu une attitude neutre, lançant des appel à la paix lors des réunions de prière.   L’accord politique d’Arusha (Tanzanie) d’août 2000 pour la paix et la réconciliation au Burundi prévoit deux mécanismes : une Commission Vérité Réconciliation (CVR) et un Tribunal spécial (TS) dont la mission est de définir les crimes, y compris ceux de génocide, commis au Burundi depuis 1962 puis de décider ou non d’en poursuivre les auteurs.   La composition d’un comite de pilotage chargé de mener une vaste campagne de consultation populaire sur l’opportunité de ces mécanismes ne fait pas l’unanimité au sein de l’opinion burundaise. Des questions se posent sur leur intégrité, en raison notamment de leur background politique.   « Il serait difficile qu’ils travaillent correctement, il leur serait difficile de se surpasser et d’être impartial », a estimé le responsable musulman, expliquant que les hommes politiques burundais ont tendance à afficher un comportement teinté de haine et d’ethnisme.   Le comité de pilotage de la CVR est présidé par un Hutu, ex-membre de la rebellion devenu ministre de la Fonction publique par la suite. Il est supplée par une femme tutsie, elle meme ex-ministre des Droits de l’homme.   Cheikh Bagoribarira s’est gardé de commenter l’intégrité ou le mérite des deux responsables de la VCR, mais il demande que la composition de tout le comité de pilotage soit revue pour y inclure des hommes d’église.   Depuis un certain temps, des voix s‘élèvent pour demander qu’un « monument symbolique » soit érigé en mémoire aux victimes des violences commises dans le pays depuis l’indépendance en 1962.   GA/PB/GF   © Agence Hirondelle