25.10.07 - TPIR/BIKINDI - BIKINDI N’A PAS COMMIS DE MASSACRES A GISENYI (TEMOIN)

   

Arusha, 25 octobre 2007 (FH) - Un témoin de la défense a affirmé jeudi que l’artiste Simon Bikindi n’avait pas commis de massacres de Tutsis dans la ville de Gisenyi (ouest), comme l’allègue le procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).

 

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Musicien de renom, Bikindi, 53 ans, est accusé d’incitation au génocide par le biais de ses chansons mais aussi de participation directe à des massacres notamment dans la ville de Gisenyi. Il plaide non coupable.

Le témoin  vivait à Gisenyi entre avril et juillet 1994. Il a déclaré qu’il était chargé de transporter les corps des personnes tuées sur les barrages routiers et dans les quartiers vers le cimetière de la ville qui avait été surnommé pour l’occasion « Commune rouge.»

Le témoin a cité des individus qui, selon lui, avaient été impliqués dans des massacres dans sa ville et a déclaré que Bikindi n’en faisait pas partie.

Il a notamment mis en cause le chef milicien Omar Serushago condamné à quinze ans de prison par le TPIR après avoir plaidé coupable de génocide ainsi que le commandant militaire de la place dont le jugement est en délibéré devant la même juridiction.

 «Le commandant dans la ville était M. Anatole Nsengiyumva. S’il avait eu cette initiative, il aurait pu arrêter les tueries mais il a préféré fermer les yeux et les gens ont continué à mourir », a-t-il allégué.

Le témoin protégé qui, vraisemblablement, vit au Rwanda, a indiqué que certains des exécutants avaient été récemment condamnés par les tribunaux de ce pays.

Comme des témoins à décharge précédents, celui-ci a déclaré que Bikindi était à l’étranger durant la période des massacres, laissant entendre qu’il était rentré alors que les crimes dont il est accusé avaient  déjà été perpétrés.

 Il a ajouté qu’il n’avait entendu personne dans sa localité  alléguer que Bikindi avait tué des Tutsis.

 « Je dois vous dire qu’à son arrestation, les gens disaient qu’il avait probablement été arrêté pour ses chansons », a indiqué le témoin.

 Interpellé à Leiden aux Pays Bas le 12 juillet 2001, Bikindi affirme avoir chanté la paix, la démocratie et l’égalité entre les citoyens du Rwanda toutes ethnies confondues.

 Son procès a commencé le 18 septembre 2006. Il est représenté par Me Andreas O’Shea du barreau d’Angleterre et du Pays de Galles et Me Jean de Dieu Momo du barreau du Cameroun.

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 © Agence Hirondelle