19.11.07 - RWANDA/FRANCE - LA COMMISSION RWANDAISE SUR LE ROLE DE LA FRANCE A DEPOSE SON RAPPORT

  Arusha, 19 octobre 2007 (FH) - La commission rwandaise sur le rôle présumé de la France dans le génocide de 1994 au Rwanda a présenté son rapport vendredi au président Paul Kagame, qui décidera du moment opportun pour le rendre public, rapporte lundi la presse rwandaise.
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  En recevant ce rapport de 500 pages des mains du président de la commission, l’ex-ministre de la Justice Jean de Dieu Mucyo, le chef de l’état rwandais était entouré du président du sénat, Vincent Biruta, du Premier ministre, Bernard Makuza et de la présidente de la Cour suprême Aloysie Cyanzayire.   « Je dois annoncer que nous avons terminé notre travail. Nous avons remis le rapport aux destinataires, c’est eux qui décideront du moment de le rendre public », a déclaré le président de la commission cité par le quotidien pro-gouvernemental, le New Times.   « C’était une tache difficile. Le rapport comprend des témoignages que vous avez entendus vous- même lors de nos auditions publiques », a poursuivi Mucyo, affirmant qu’il y a des preuves de la responsabilité de l’Etat français, toujours selon le journal.   Le ministre de la Justice, Tharcisse Karugarama, n’a pas donné plus de détails que le président de la commission.   « Le rapport est très exhaustif. Il couvre une large gamme de sujets et une période qui s’étend sur 17 ans, depuis 1990 jusqu’au moment de son dépôt », a indiqué Karugarama, cité également par le New Times.   Cette commission était officiellement "chargée de rassembler les preuves de l'implication de la France dans le génocide" au Rwanda en 1994. Elle avait organisé à Kigali des auditions publiques de témoins, dont des militaires de l'ancienne armée rwandaise et des journalistes européens, mettant en cause la France.   En février, le ministère français de la Défense avait dénié toute légitimité et compétence à cette commission qui envisageait alors d’aller enquêter en France.   Kigali a rompu fin novembre 2006 ses relations diplomatiques avec Paris après que le juge français Jean-Louis Bruguière eut réclamé des poursuites contre le président Kagame pour sa "participation présumée" à l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana le 6  avril 1994, qui a précédé le déclenchement du génocide.   Les relations entre Paris et Kigali ont toujours été tendues depuis le génocide. La France est notamment accusée par l'actuel gouvernement rwandais, d'avoir entraîné et armé les responsables avant les massacres, ce que Paris nie.   Début août, le nouveau chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner,  s'est déclaré prêt à se rendre "au plus vite" au Rwanda, dès qu'"un certain nombre de choses seront aplanies". Une mission diplomatique française a séjourné à Kigali récemment.     ER/PB/GF   © Agence Hirondelle