23.11.07 - RWANDA/BELGIQUE - SEMINAIRE A BRUXELLES SUR LA LUTTE CONTRE L'IMPUNITE

  Bruxelles, 23 novembre 2007 (FH) – Un séminaire sur la lutte contre l’impunité dans la région des Grands Lacs, toujours déstabilisée, treize ans après, par les suites politique et militaire du génocide des Tutsis du Rwanda de 1994, se tiendra lundi à Bruxelles dans l’enceinte du Parlement européen à l’initiative du Réseau européen pour l’Afrique centrale (EurAc).
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  Intitulé « la lutte contre l’impunité comme condition pour une paix durable », ce séminaire se tient alors que « la région est dans une période turbulente », explique Kris Berwouts, le directeur d’EurAc, un réseau qui regroupe quarante-six ONG actives en Afrique centrale et issues de douze pays européens.   Il s’agit d’une nouvelle phase pour ces pays « après les élections burundaises et congolaises qui viennent de mettre fin à une période de transition », ajoute-t-il, faisant référence aux élections à la présidence de Pierre Nkurunziza au Burundi en août 2005, et de Joseph Kabila en novembre 2006 en République démocratique du Congo (RDC).     « Il devient donc important de gérer les crimes du passé pour consolider la paix et la sécurité qui ne sont pas encore acquises dans certaines parties de la région », estime M. Berwouts.   « Gérer les crimes du passé » : une démarche qui peut notamment s’appuyer sur les mécanismes dits de « justice transitionnelle ». Le Canadien Mark Freeman, directeur du bureau bruxellois du Centre international pour la justice transitionnelle (ICTJ), ONG fondée en 2000 et présente dans vingt-huit pays, détaillera dans son intervention de lundi les « concepts et instruments » de cette justice.   La justice transitionnelle, concept récent dans le domaine des relations internationales, explore les réponses judiciaires et non judiciaires permettant à des sociétés en transition politique d’assumer et de dépasser un héritage de crimes commis contre les droits de l’homme.   Trois autres intervenants développeront quant à eux « un aspect de la problématique de l’impunité dans chacun des trois pays de la région ».   L’historienne Alison Des Forges, connue pour ses travaux de référence sur le génocide rwandais (« Aucun témoin ne doit survivre », rapport pour la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et Human Rights Watch publié en 1999) et experte auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), analysera « l’expérience de gacaca au Rwanda ».   Les gacaca sont des juridictions populaires dérivées de tribunaux traditionnels communautaires villageois. Elles ont été réactivées par le Rwanda afin de suppléer, pour certaines catégories de crimes, à la justice ordinaire engorgée en raison du grand nombre de personnes accusées de participation au génocide de 1994.     Charles Ndayiziga, du Centre d’alerte et de prévention des conflits (CENAP), ONG créée en 1992 au Burundi, interviendra pour sa part sur « la lutte contre l’impunité dans les Réformes du Secteur de Sécurité au Burundi », à travers la formation de la police nationale burundaise.   Dernière intervenante, Marie-Noël Cikuru, qui travaille à Goma (Est de la RDC) pour Women for Women International, ONG qui travaille depuis 1993 à améliorer le sort des femmes prises dans les situations de conflit et de post-conflit, parlera de « l’impunité dans la violence faite aux femmes et aux enfants en RDC ».   BF/PB/GF   © Agence Hirondelle