07.12.07 - RWANDA/GENOCIDE - UN SENATEUR RWANDAIS COMPARAIT POUR SON ROLE PRESUME DANS LE GENOCIDE

Kigali, 7 décembre 2007 (FH) - Un membre du Sénat rwandais, Anastase Nzirasanaho, comparaîtra samedi pour son rôle présumé dans le génocide de 1994, apprend-on de source judiciaire jeudi.
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 Le sénateur a déjà comparu une première fois samedi dernier devant le tribunal gacaca du secteur Muhima, dans la ville de Kigali, a indiqué à l’agence Hirondelle un membre du panel des juges qui a préféré garder l’anonymat.

Les juridictions semi -traditionnelles rwandaises gacacas (prononcer gatchatcha) sont chargées de juger la plupart des responsables présumés du génocide qui a fait, selon les autorités rwandaises, près d’un million de morts.

M.Nzirasanaho répond du meurtre, en avril 1994, d’un des dirigeants du Parti social démocrate (PSD), Théoneste Gafaranga, a précisé la source

Garafanga, un des ténors de l’opposition au président Juvénal Habyarimana, avait été désigné par son parti pour faire partie du gouvernement de transition à base élargie, auquel devait également participer la rébellion du Front patriotique rwandais (FPR).

Samedi dernier, les juges ont entendu plusieurs témoins à charge dont Ignace Nsabimana qui a déclaré que le parlementaire avait indiqué aux miliciens Interahamwe l’endroit où s’était caché Gafaranga.

La juridiction a également entendu la veuve de Gafaranga qui a affirmé que Nzirasanaho lui tient toujours un langage narquois au sujet de la mort de son mari.

Les juges ont par ailleurs appris lors de cette audience la mort mystérieuse de deux principaux témoins à charge, a ajouté la source.

Nzirasanaho, originaire de l’ancienne préfecture de Ruhengeri, dans le nord du Rwanda, plaide non coupable du meurtre de Garafanga et des deux témoins qui, pendant le génocide, travaillaient pour lui.

Avant son entrée au Sénat, l’accusé était directeur de la filière café au sein de l’Office des cultures industrielles (OCIR).

Plusieurs hauts responsables civils et militaires rwandais ont été mis en cause devant les juridictions gacacas. Certains d’entre eux ont démissionné de leurs fonctions, d’autres ont pris le chemin de l’exil tandis que d’autres ont été jugés et acquittés ou condamnés.

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