29.01.08 - TPIR/MILITAIRES II - LE GENERAL NDINDILIYIMANA N’A PAS INCITE A LA HAINE - EX-GENDARME

Arusha, 29 janvier 2008 (FH) - Le général Augustin Ndindiliyimana n’a pas incité à la haine, a affirmé un témoin venu mardi prendre sa défense devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR).
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Poursuivi pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, Ndiliyimana plaide non coupable. En 1994, il était chef d’Etat- major de la gendarmerie rwandaise. Le témoin protégé « CBL 105 » était lui-même gendarme. Il était affecté au Centre de recherche et de documentation criminelle à Kigali.

Il a affirmé que depuis sa nomination à la gendarmerie nationale en 1992, Ndindiliyimana avait clairement affirmé son intention de restaurer la discipline au sein de ce corps. « Il nous a dit qu’il voulait une gendarmerie nouvelle, un gendarme nouveau, discipliné et tout cela dans un esprit convivial », a témoigné CBL 105.

Le témoin a indiqué qu’il avait assisté à deux réunions présidées par Ndindiliyimana au cours desquelles il avait invité ses troupes à bien s’acquitter de leurs tâches. Le procureur allègue qu’il aurait incité les hommes sous sa responsabilité à la haine ethnique.

« Au cours de toutes les réunions auxquelles j’ai participées, dans ces interventions je ne l’ai jamais entendu inciter les gens à la division. J’ai tout simplement remarqué qu’il nous encourageait à faire notre devoir aux meilleur de nos moyens », a déclaré le témoin.

« Il ne tenait jamais de propos haineux. Chaque fois je l’ai rencontré, il avait la même attitude », a expliqué en substance le témoin qui s’exprimait dans sa langue nationale le kinyarwanda.

CBL 105 a déclaré qu’après le 6 avril 1994, son unité s’est notamment occupée de la protection des réfugiés dans le centre de Kigali ; Ils étaient constamment menacés par des miliciens. « Ces individus voulaient attaquer ces réfugiés mais nous les avons protégé jusqu'à la fin. Certains sont partis avec nous en exil », a –t-il dit.

Le témoin a par ailleurs évoqué l’incapacité de la gendarmerie, qui assumait également le rôle de police judicaire, à mener des enquêtes sur des crimes commis entre avril et juillet 1994. « Cela n’était pas possible, de mener des enquêtes. Puisqu’il y avait des combats dans la ville de Kigali. Alors vous ne pouvez pas être en train de combattre l’ennemi et poursuivre les infractions ». La gendarmerie était engagée sur le front aux côtés de l’armée.

Le général Ndindiliyimana est jugé avec trois autres officiers dont le chef d’Etat-major de l’armée, le général Augustin Bizimungu. Leur procès dit « Militaires II » a commencé en septembre 2004.

AS-AT/PB/GF

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