11.03.08 - BURUNDI/JUSTICE - LES CONSULTATIONS SUR LA JUSTICE TRANSITIONNELLE PEINENT A DEMARRER

Bujumbura, 11 mars 2008 (FH) -  Quatre mois après avoir été officiellement mises sur pied par le gouvernement burundais et les Nations Unies, les consultations populaires sur la mise en place des mécanismes de justice transitionelle au Burundi n’ont toujours pas commencé. 
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Le 2 novembre 2007, un comité de pilotage a été mis sur pied pour un an, afin d'interroger la population sur les mécanismes de justice transitionnelle souhaitée. Ce comité est composé de deux représentants du gouvernement, deux représentants des Nations Unies et deux représentants de la société civile. Les trois premiers mois auraient du permettre d’élaborer les différents documents pour aller vers la population. Dans les six mois suivants, les consultations populaires proprement dites devaient commencer. Les trois derniers mois étant consacrés à la rédaction du rapport. Après ce travail, le gouvernement du Burundi et les Nations Unies devaient s’entendrent sur la mise en place du tribunal spécial et de la commission vérité réconciliation, les élections étant prévues en 2010.

« Les représentants du gouvernement bloquent l’avancement des travaux de ce comité pour jouer les prolongations» estime Raymond Kamenyero, président du forum pour le renforcement de la société civile. « Le gouvernement n’a aucun intérêt dans les consultations populaires. Si la vérité éclate au grand jour, elle risque de compromettre certains candidats potentiels à certains postes dans les élections de 2010 » ajoute-il.
 
Le Dr Yves Sahinguvu, premier vice président du Burundi qui supervise le comité est rassurant : «certes, le comité a pris du retard pour commencer les consultations populaires suite aux difficultés liées à trouver les fonds, mais aussi suite aux problèmes de pouvoir s’entendre sur la méthodologie à suivre. Mais nous tranquillisons les Burundais qu’ils seront consultés dans les délais et nous ferons notre mieux pour récupérer le retard que nous accusons". "Le projet de financement a été envoyé à New York pour approbation», assure-t-il.  
 
Mais pour pour Christine Miturumbwe, membre du comité conjoint de consolidation de la paix au sein du Bureau intégré des Nations Unies Burundi (BINUB), le retard devrait atteindre au moins cinq mois : «le comité d’experts chargé d’étudier les projets a reçu la proposition du comité de pilotage, nous l’avons étudiée et nous l’avons renvoyée pour correction. Après il retournera chez nous afin de l’envoyer à New York pour approbation.  Logiquement parlant je peux vous dire que le consultations populaires ne pourront commencer qu’au mois de juin prochain.
 
Le président du comité de pilotage, Festus Ntanyungu, demande aux Burundais de faire preuve de patience : «Laissez-nous nous organiser, au moment opportun, nous vous communiquerons ce que nous aurons fait. Les Burundais ont beaucoup souffert depuis 1962, il ne nous est pas permis de jouer en disant du n’importe quoi, qui risquerait même de replonger notre pays dans de nouvelles violences intestines. Nous sommes conscients que notre tâche n’est pas facile et nous devons travailler quitte à être un modèle à suivre dans cette sous région minée par des violences interminables».
 
AB/PB/GF
 © Agence Hirondelle