14.03.08 - CPI/LUBANGA - LA COUR PENALE INTERNATIONALE REPORTE A JUIN L'OUVERTURE DE SON PROCES

La Haye, 14 mars 2008 (FH) - La chambre préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) a reporté au 23 juin l’ouverture du procès de Thomas Lubanga, l’ancien chef de l’Union des patriotes congolais (UPC) accusé de crimes de guerre pour l’enrôlement d’enfants dans cette milice de l’Ituri, à l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
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Ce report est en partie lié à une décision rendue le 18 janvier par la chambre préliminaire, qui n’implique plus que les victimes aient un lien direct avec l’affaire jugée. Selon le greffe, elle nécessite la mise en place de nouvelles mesures de protection. La défense et le procureur ont fait appel de cette décision. Thomas Lubanga est en détention préventive depuis plus de deux ans. Remis au tribunal de La Haye en mars 2006, l’ex chef de milice était déjà incarcéré à la prison centrale de Kinshasa depuis un an.

Le 12 mars, au cours d’une conférence de mise en état en vue de la préparation du procès, le président de la chambre, Adrian Fulford, a en outre annoncé que « l’intégralité du procès sera conduit à La Haye ». La Cour prévoyait d’ouvrir le procès en République démocratique du Congo (RDC), mais dans un courrier évoqué par le juge à l’audience, le ministre de la Justice de RDC estime que « le lieu sélectionné par la Cour pour l’audition est inapproprié, parce que cela pourrait conduite à des tensions ethniques dans cette région ». Selon une source, ces auditions auraient du se tenir à Bunia, dans la région de l’Ituri, à l’est du Congo. Des audiences à Arusha, où siège le Tribunal pénal international pour le Rwanda, avaient également été envisagées.

Le procureur a ouvert son enquête sur les crimes commis en RDC en juillet 2004. A ce jour, seuls trois hommes ont été remis à la Cour. Outre celui de Lubanga, un second procès concernant les crimes commis en RDC est actuellement au stade préparatoire. Les juges ont accepté, le 10 mars, de joindre l’affaire de Germain Katanga, ex chef d’état-major de la Force de résistance patriotique en Ituri (FPRI), une milice alliée au Front des Nationalistes et intégrationnistes (FNI) à celle de Mathieu Ngundjolo, remis à la Cour en février.

Plusieurs mandats d’arrêts concernant les crimes de l’est du Congo sont toujours sous scellés. Par ailleurs, le procureur avait annoncé, en février, que ses enquêtes concernant la RDC portaient désormais sur les crimes commis dans le Kivu.

SM/PB/GF

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