17.03.08 - CANADA/RWANDA- CANADA : UNE CONFÉRENCE CONTRE L’HISTOIRE OFFICIELLE DU GENOCIDE RWANDAIS

Montréal, 17 mars 2008 (FH) – Une conférence réunissant des intellectuels canadiens, francais et espagnol contestant l’histoire du génocide rwandais de 1994 telle qu'elle est généralement admise doit se tenir le 29 mars à Montréal.
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Pierre Péan, écrivain-journaliste francais, Jordi Palou-Loverdos, avocat espagnol et Robin Philpot, auteur d'un livre sur les circonstances du génocide, sont attendus à la conférence qui s’intitule « Les médias et le Rwanda : la difficile recherche de la vérité ». Peter Verlinden, un journaliste belge s’exprimera par vidéo.

« On est dans un monde où il y a la liberté d’expression, on ne peut pas être contre ça. Mais, quoi qu’il en soit, on désapprouve les propos que ces gens avancent», a déclaré à l’Agence Hirondelle l’ambassadrice du Rwanda au Canada, Edda Mukabagwiza, ancienne ministre de la justice.

Selon Robin Philpot, auteur de plusieurs livres sur le génocide rwandais et dont l’éditeur organise l’événement « de plus en plus, des preuves ressortent dans des procès ou dans des journaux qui permettent de dire que l’Histoire officielle ne dit pas tout. C’est pour nous un devoir de trouver la vérité. » Le frère de Robin Philpot est le défenseur de Protais Zigiranyirazo devant le TPIR.

La personne la plus attendue à cette conférence est sans doute le journaliste français Pierre Péan, qui a signé de nombreux ouvrages à succès, dont le controversé « Noires fureurs, blancs menteurs ». La publication de ce livre avait entraîné le dépôt d’une plainte par l'association française SOS Racisme, qui estime que M. Péan reprend « des présupposés de l’idéologie génocidaire ». Pean et son éditeur seront jugés en septembre prochain à Paris pour « complicité de diffamation raciale » et de « complicité de provocation à la discrimination, à la violence et à la haine raciale à l'égard d'un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une ethnie, en l'espèce les Tutsis. »

Sera également présent à Montréal, l’Espagnol Jordi Palou-Loverdos, avocat d'un organisme à l'origine d'une plainte ayant récemment abouti à l'émission de mandats d’arrêt à l’encontre de quarante officiers rwandais anciens responsables des rebelles du FPR.

« Pour les survivants et les victimes, je trouve inacceptable de nier la réalité », a déclaré à un média canadien Callixte Kabayiza, président d’une association de victimes du génocide rwandais.

« C’est tout le temps quand on arrive à la période de commémoration du génocide (le 7 avril 1994) que ces gens là se refont entendre. Ce n’est même pas étonnant, c’est maintenant toujours comme ça », a poursuivi l’ambassadrice du Rwanda, Mme Mukabagwiza.

CS/PB
© Agence Hirondelle