09.04.08 - RWANDA/CANADA - MUNYANEZA ET NTAHOBALI ACCUSÉS DE VIOLS PAR LES MÊMES FEMMES

Montréal, 9 avril 2008 (FH) – Les cinq femmes qui ont déclaré à Montréal avoir été violées par Désiré Munyaneza, un réfugié rwandais jugé au Canada depuis un an, ont porté les mêmes accusations contre Arsène Shalom Ntahobali, un présumé chef milicien jugé devant le TPIR, a appris l’Agence Hirondelle.
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« Dans la mesure où cela préserve leur anonymat, oui, je confirme l’information », a déclaré à l’Agence Hirondelle Richard Perras, interrogé à propos des rumeurs selon lesquelles son client Désiré Munyaneza aurait été accusé de viol à Montréal par les cinq femmes qui avaient tenu les mêmes accusations à Arusha à l’encontre d’Arsène Shalom Ntahobali.

Fils d'un commerçant aisé de Butare (sud), arrivé au Canada en 1997 avec un faux passeport camerounais, M. Munyaneza, 41 ans, plaide non coupable pour les sept chefs d’accusations qui sont portés contre lui (deux de génocide, deux de crimes contre l’humanité et trois de crimes de guerre). Il comparaît devant la Cour Supérieure du Québec depuis mars 2007.

Selon de nombreux témoins présentés par la Couronne, qui mène l’accusation, Munyaneza aurait dirigé un réseau de miliciens Interahmwe à Butare en compagnie d’Arsène Shalom Ntahobali, fils de la ministre de la famille, Pauline Nyiramasuhuko. M. Ntahobali et sa mère comparaissent avec quatre autres personnes depuis 2001 à Arusha au procès Butare, le plus ancien procès du TPIR.

À Montréal, cinq femmes avaient déclaré au juge André Denis avoir été violées à répétition par Désiré Munyaneza, deux d’entre elles précisant que les sévices avaient eu lieu au domicile de l’accusé où elles étaient emprisonnées.

Toutefois, les avocats de Munyaneza, qui ont déjà travaillé au TPIR, notamment dans le cadre du procès de Butare, avaient fait remarquer aux cinq rwandaises que jamais elles n'avaient parlé de Munyaneza lors du procès de Shalom Ntahobali, où elles avaient pourtant longuement comparu.

L’une d’elle avait répondu qu'elle n’avait jamais été interrogée à ce sujet. Interrogée par Laurence Cohen, un avocat de la défense, elle avait assuré n’avoir reçu aucune directive en préparation de son témoignage à Montréal.

Le tribunal canadien entendra à partir de la semaine prochaine des témoins de la défense au Rwanda. Il devrait y rester un mois puis il se rendra à Dar es Salaam en Tanzanie dans le même but et pour une période semblable . Les prochaines comparutions au Québec ne devraient pas avoir lieu avant la mi-juin. Un jugement n’est pas attendu avant la fin de l’année.

CS/PB/GF
© Agence Hirondelle