TPIR/GOUVERNEMENT II - UN DIPLOMATE BELGE DEPLORE LE MANQUE D’ENQUETE SUR L'ATTENTAT CONTRE L'AVION

Arusha, 8 mai 2008 (FH) - M. Johann Swinnen, qui était ambassadeur de Belgique au Rwanda lors du génocide de 1994, a regretté jeudi matin devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda qu’aucune enquête sérieuse sur l’attentat contre l’avion du président Juvénal Habyarimana n’ait abouti.
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Cet attentat avait marqué le début du génocide. Dix casques bleus et autant de civils belges avaient été tués dans les heures qui suivaient en raison de rumeurs impliquant la Belgique dan ces tirs de missiles. Le Conseil de sécurité avait ordonné une enquête sur cet attentat qui n’a jamais eu lieu.

« Ca m’étonnera toujours qu’on n’ait pas réussi à mener une enquête sérieuse aboutissant à des résultats» a dit le diplomate, actuellement en poste en RDC. « Je serais le dernier à affirmer quoique ce soit mais beaucoup de questions sont sans réponse » a-t-il dit. « Nous devons avoir l’honnêteté, intellectuelle, morale, politique d’admettre que beaucoup de choses n’ont pas trouvé de réponse » a-t-il ajouté.

Evoquant son séjour à Kigali où il a assisté à l’élaboration des accords d’Arusha et aux tentatives de formation d’un gouvernement de transition, il a affirmé : « pendant ces quatre ans il s’est passé beaucoup de choses et nous restons avec beaucoup de questions ».

Le diplomate, qui était venu témoigner pour la défense de Jérome Bicamumpaka, ancien ministre des affaires étrangères, n’a pu que répondre qu’il ne le connaissait pas, à l’exception d’une visite qu’il lui avait rendue en compagnie de deux autres ministres après sa désignation. Il a également évoqué les réticences qu’il avait ressenties lors de la formation du gouvernement intérimaire.

La seule enquête sur l’attentat contre l’avion du président Habyarimana le 6 avril 1994 a été menée par un juge français, Jean Louis Bruguière, qui a entraîné la mise en accusation de neuf proches du président rwandais Paul Kagame. Elle n’est pas encore close, le parquet n’ayant pas encore pris ses résolutions ce qui auraient ensuite permis aux juges de rendre une ordonnance de renvoi ou un non lieu.

Après la pubication de cette enquête en novembre 2006, Kigali, qui a toujours accusé la Franxe d’avoir soutenu le « gouvernement du génocide », a rompu ses relations diplomatiques avec Paris.

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