Sans information, pas de réconciliation

La dictature au Brésil, entre miracle économique et répression féroce

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Le régime militaire au Brésil, de 1964 à 1985, dont Jair Bolsonaro, favori de la présidentielle, fait régulièrement l'éloge, est entaché de la mort de centaines d'opposants, même s'il a coïncidé partiellement avec une période de développement économique.

"S'ils avaient gagné cette guerre, vous ne seriez pas en train de me parler", a affirmé récemment le candidat d'extrême droite à des journalistes, en allusion aux militants de gauche qui ont pris les armes pour lutter contre la dictature.

D'après la Commission de la vérité, instaurée en 2011 pour faire la lumière sur les "années de plomb", 434 opposants ont été tués.

La répression a fait des victimes aussi bien chez les étudiants que les ouvriers, les paysans, les artistes, ou certains membres progressistes du clergé.

Ce chiffre n'inclut toutefois pas les centaines de victimes de conflits agraires tués par des milices et d'indigènes dépossédés de leurs terres.

Les militaires ont pris le pouvoir le 31 mars 1964, par le biais d'un coup d'Etat qui a renversé le président Joao Goulart, pour lutter contre le communisme, mais aussi la corruption.

Cinq généraux se sont succédé au pouvoir: Alencar Castelo Branco (1964-67), Artur da Costa e Silva (1967-69), Emilio Garrastazu Médici (1969-74), Ernesto Geisel (1974-79) et Joao Figueiredo (1979-85).

En 1968, l'Acte Institutionnel 5 (AI-5) a interdit les manifestations, institué la censure et attribué aux tribunaux militaires la compétence de juger les opposants politiques.

Le Brésil a pris part au plan Condor, qui coordonnait la répression dans les différentes dictatures sud-américaines.

Les services de renseignement avaient régulièrement recours à la torture.

Face à la répression, un grand nombre de ces opposants ont choisi l'exil, y compris des musiciens de renom comme Gilberto Gil et Caetano Veloso.

D'autres opposants ont préféré vivre dans la clandestinité pour mener des actions de guérilla urbaine, comme par exemple le kidnapping de l'ambassadeur des Etats-Unis en 1969.

Le régime a stimulé les investissements étrangers et les exportations en dévaluant la monnaie. Il a également muselé les syndicats pour empêcher les négociations salariales et mis fin au droit de grève.

C'est ainsi que le "miracle économique" du début des années 70 a permis de tripler la production automobile et de faire décoller le bâtiment, souvent au détriment de l'environnement, notamment de la forêt amazonienne.

Ce "miracle" a été freiné par le choc pétrolier de 1973.

Le régime a commencé à perdre son emprise sur le pays en 1975, avec la détérioration de l'économie et le début des contestations sociales.

En 1978, de grandes grèves ouvrières ont été orchestrées par Luiz Inácio Lula da Silva, ou Lula, le futur président du Brésil.

L'amnistie de 1979 a permis à des milliers d'exilés de revenir au pays, mais aussi aux tortionnaires d'éviter d'être jugés.

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