Sans information, pas de réconciliation

Omar el-Béchir: de la contestation à la disgrâce

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Les temps forts de la contestation de l'ex-président soudanais Omar el-Béchir, 75 ans, déchu en avril, jusqu'à son inculpation au Soudan pour corruption jeudi.

- Répressions sanglantes antérieures -

En septembre 2013, des manifestations contre une hausse de plus de 60% du prix des carburants font officiellement des dizaines de morts, plus de 200 selon Amnesty International.

En janvier 2014, M. Béchir appelle à une "renaissance" politique et économique après la dissidence de plusieurs figures du régime réclamant des réformes.

Début 2018, des manifestations contre l'inflation des denrées alimentaires sont rapidement contenues avec l'arrestation d'opposants.

En août, le parti au pouvoir le désigne comme candidat à la présidentielle de 2020 pour un troisième mandat, alors que la Constitution en autorise deux.

- Le prix du pain -

A partir du 19 décembre 2018, le pouvoir est confronté à une vague de manifestations contre le triplement du prix du pain qui se transforme en contestation d'Omar el-Béchir arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1989.

Ces manifestations coïncident avec le retour après un an d'exil du leader de l'opposition Sadek al-Mahdi, ancien Premier ministre chassé du pouvoir par M. Béchir en 1989.

Le 31, M. Béchir appelle "tous les partis politiques" à "faire des propositions pour résoudre les problèmes économiques du pays".

- Tirs dans un hôpital -

Le 1er janvier 2019, une vingtaine de formations politiques réclament un changement de régime.

Le 9, M. Béchir accuse des "comploteurs" d'être à l'origine des violences. Des milliers de manifestants l'acclament et soutiennent son régime à Khartoum.

Mais le même jour à Omdourman, ville voisine de la capitale, les forces anti-émeutes tirent à balles réelles dans un hôpital, où étaient soignés des manifestants blessés, selon Amnesty International.

Le 14, le président assure qu'il ne cèdera pas.

Le 17, un médecin et un enfant, sont tués lors de manifestations.

Le 20, M. Béchir affirme que les forces de l'ordre n'ont tué aucun manifestant. Plusieurs accréditations de journalistes sont retirées.

- Etat d'urgence -

Le 22 février, il décrète l'état d'urgence et limoge le gouvernement.

La contestation, réduite en raison de l'état d'urgence et de nombreuses arrestations, continue à Khartoum et Omdourman.

A partir du 6 avril, des rassemblements massifs se forment devant le quartier général de l'armée à Khartoum.

Le 8, les manifestations réclament des négociations pour "former un gouvernement de transition".

Le lendemain, les forces de sécurité tirent des gaz lacrymogènes sur des milliers de protestataires. La police ordonne à ses forces de ne pas "intervenir" contre la foule.

- Destitution et arrestation -

Le 11 avril, l'armée annonce la destitution de M. Béchir. Il est remplacé par un "conseil militaire de transition" pour deux ans.

Le lendemain, le Conseil militaire assure que M. Béchir est en détention et qu'il ne sera pas extradé. La Cour pénale internationale a délivré des mandats d'arrêt il y a dix ans contre lui pour des accusations de génocide et crimes contre l'humanité commis pendant le conflit au Darfour.

Le 13, le chef du Conseil militaire annonce la libération de manifestants et s'engage à faire juger les personnes ayant tué des manifestants, promettant d'"éliminer les racines" du régime Béchir.

- Première inculpation -

Le 13 mai, la justice soudanaise annonce l'inculpation de l'ex-président pour "le meurtre de manifestants" après une plainte déposée après la mort d'un médecin pendant des manifestations à Khartoum.

Le Procureur général recommande "l'accélération des enquêtes sur les meurtres d'autres manifestants".

A l'époque, le bilan de la contestation depuis décembre s'élevait à 90 morts selon les contestataires, 65 morts selon les autorités.

Le 3 juin, le sit-in devant le QG de l'armée est réprimé dans le sang. Un comité de médecins proche de la contestation, fait état de plus de 100 personnes tués dans la répression depuis ce jour, la plupart dans la dispersion du sit-in. Les autorités parlent de 61 morts.

- Inculpé pour corruption -

Le 13 juin, l'agence officielle de presse Suna annonce que M. Béchir est inculpé "de possession de devises étrangères, d'avoir acquis des richesses de façon suspecte et illégale et d'avoir ordonné (l'état) d'urgence".

Le chef du Conseil militaire, le général Abdel Fattah al-Burhane avait affirmé que l'équivalent de plus de 113 millions de dollars avaient été saisis en liquide dans la résidence de M. Béchir à Khartoum.

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