Sans information, pas de réconciliation

Côte d'Ivoire/présidentielle 2020: un meeting pour rassurer les Africains de l'Ouest

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Un meeting de la réconciliation va se tenir le 2 novembre à Gagnoa (centre-ouest) pour "briser le mur de méfiance" qui s'installe parmi les ressortissants ouest-africains en Côte d'Ivoire à un an de l'élection présidentielle, a annoncé mardi son promoteur.

"Nous allons délivrer un message de paix et de réconciliation afin de briser le mur de méfiance et de peur qui s'instaure à l'approche de 2020 entre les Ouest-Africains et les autochtones", a dit à l'AFP l'Ivoiro-Burkinabè Emile Kima, figure de proue de la communauté burkinabè et organisateur de ce meeting qui compte accueillir plus de 10.000 personnes.

"De nombreux ressortissants maliens, burkinabè, guinéens, et des pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) prévoient de faire rentrer leurs femmes et enfants dans leurs pays d'origine à l'approche de la présidentielle de 2020", a expliqué M. Kima.

Gagnoa, une importante ville, à 250 km au nord-ouest d'Abidjan, a été choisie pour abriter cette rencontre en raison de sa situation "de porte d'entrée" dans l'Ouest ivoirien qui concentre les plus fortes populations de la Cédéao, impliquées dans la culture du cacao, dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial.

Gagnoa est aussi la ville natale de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté en janvier par la Cour pénale internationale de crimes contre l'humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales qui avaient fait 3.000 morts en Côte d'Ivoire.

Début juin, l'ancien président ivoirien Henri Konan Bédié (1993-99), aujourd'hui dans l'opposition, avait lancé, en rappelant de récentes violences meurtrières intercommunautaires dans le centre du pays : "On fait en sorte que l'Ivoirien soit étranger chez lui. Mais les Ivoiriens n'accepteront jamais cela".

M. Bédié évoquait aussi "d'autres (étrangers) qu'on fait venir clandestinement" et à qui "on fait faire des papiers", possiblement pour "fausser" la présidentielle de 2020.

Ces déclarations avaient soulevé une vive controverse. Le gouvernement avait condamné des "propos d'une extrême gravité, appelant à la haine de l'étranger".

La question de la réconciliation reste sensible en Côte d'Ivoire, après les douze années de crise politico-militaire dans le pays de 1999 à 2011.

La Côte d'Ivoire abrite 25 millions d'habitants dont, selon des estimations en l'absence de statistiques officielles, plus de six millions d'étrangers, surtout des Ouest-Africains, notamment des Burkinabè.

La Cédéao représente quinze Etats, pour une population évaluée à 300 millions d'habitants anglophones, francophones et lusophones.

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