La justice doit être vue pour être rendue
S'inscrire à la newsletter

Le Sri Lanka, une île à l'histoire tourmentée

2 min 30Temps de lecture approximatif

Le Sri Lanka, île d'Asie du Sud où se tiennent mercredi 5 août des élections législatives, est dirigé par le clan Rajapaksa, qui a déjà gouverné le pays d'une main de fer de 2005 à 2015.

- Autrefois Ceylan -

Important centre de commerce de l'océan Indien à l'époque de la Rome antique, l'île a été contrôlée par les Portugais de 1505 à 1656 avant de passer sous domination néerlandaise jusqu'en 1796 et d'être colonisée par les Britanniques.

Le dernier roi cinghalais a régné de 1798 à 1815.

Indépendant de la Grande-Bretagne depuis 1948, ce pays membre du Commonwealth est devenu une République en 1972, et a pris le nom de Sri Lanka (île resplendissante).

Situé à seulement une vingtaine de kilomètres de la pointe sud-est de l'Inde, ce territoire de 65.000 km2 compte 21,8 millions d'habitants (Banque mondiale, 2019) et a pour capitale Colombo.

Les Sri-Lankais sont en grande majorité bouddhistes (70%, essentiellement cinghalais). Les hindous, principalement tamouls, concentrés dans le nord et le nord-est, comptent pour 12%, les musulmans 10% et les chrétiens 7%.

- La guérilla des "Tigres" -

En 1972, un ancien étudiant tamoul de Jaffna (nord), Velupillai Prabhakaran, forme les Nouveaux Tigres Tamouls (TNT), groupe rebelle luttant contre les discriminations par la majorité ethnique cinghalaise à l'encontre de la minorité tamoule.

Entré dans la clandestinité, il refait surface en 1975, revendiquant son premier assassinat politique en tuant le maire de Jaffna.

En mai 1976, son groupe se transforme en Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), menant une guérilla pour un État tamoul indépendant dans le nord (région de Jaffna) et l'est (autour de Trincomalee), soit sur un tiers de la superficie de l'île.

L'organisation a pour emblème un tigre feulant opposé au lion rugissant du Sri Lanka.

Les Tigres assassinent en mai 1991 l'ex-Premier ministre indien Rajiv Gandhi puis en mai 1993 le président sri-lankais Ranasinghe Premadasa. D'autres attaques suicides majeures suivront.

- Un lourd bilan et des accusations -

En mai 2009, la rébellion est écrasée par l'armée au prix d'un gigantesque bain de sang. Ses dirigeants sont tués, dont leur chef Prabhakaran.

À cette époque, Gotabaya Rajapaksa, l'actuel chef de l'État, dirigeait de fait les forces armées, tandis que son frère Mahinda, aujourd'hui Premier ministre, occupait la présidence.

Ils sont accusés de crimes de guerre par des défenseurs des droits humains, ces derniers estimant que 40.000 civils tamouls ont péri dans les derniers mois du conflit.

Selon l'ONU, les 37 ans de guerre civile ont fait jusqu'à 100.000 morts.

- Attentats jihadistes -

Le 21 avril 2019, sept membres d'un groupe extrémiste local, le National Thowheeth Jama'ath (NTJ), se font exploser dans trois églises chrétiennes en pleine messe de Pâques et des hôtels de luxe, faisant 279 morts, dont 45 étrangers. Le groupe État islamique (EI) a revendiqué ces attaques.

Ces attentats jihadistes ont renforcé le ressentiment à l'égard de la minorité musulmane, déjà attisé ces dernières années par des moines bouddhistes radicaux. En 2018, des émeutes antimusulmans avaient fait trois morts et plus de 20 blessés.

- Tourisme à la peine -

Grâce à ses anciennes cités royales, ses temples, ses réserves naturelles ou ses longues plages bordées de cocotiers, l'île a connu un boom touristique après 2009.

Brutalement freinée par les attentats de 2019, l'expansion de ce secteur a subi un nouveau coup d'arrêt en raison de l'épidémie de Covid-19 qui a entraîné depuis le début de l'année la fermeture des hôtels, privant d'emploi des dizaines de milliers de personnes.

Avant la crise sanitaire, le FMI prévoyait une croissance de 3,5% pour 2020.

Introduit au 19e siècle par les Britanniques, le thé constitue le principal produit d'exportation. L'habillement et les revenus de main d'oeuvre émigrée sont également des sources importantes de devises du pays qui bénéficie par ailleurs d'indicateurs sociaux parmi les plus favorables d'Asie du Sud avec un taux de pauvreté limité à 4,1% (Banque mondiale).

Partager
S'inscrire à la newsletter