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Tchad: dates-clés depuis l'indépendance

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Le Tchad, devenu indépendant il y a 60 ans, a connu depuis des années de conflits et de longues périodes d'instabilité.

- Les années Tombalbaye -

Ancienne colonie française, le Tchad devient indépendant le 11 août 1960 sous la présidence de François Tombalbaye, un Sara originaire du Sud. Dès 1965, il est confronté à une rébellion dans le Nord, menée par le Front de libération nationale tchadien (Frolinat, à dominante toubou).

Des troupes françaises interviennent à plusieurs reprises aux côtés des forces gouvernementales, en vertu d'accords de défense.

En avril 1975, Felix Malloum succède à Tombalbaye assassiné lors d'un coup d'Etat.

- Kadhafi soutient Weddeye -

En novembre 1979, un Gouvernement d'union nationale de transition (Gunt) présidé par Goukouni Weddeye, un Nordiste soutenu par la Libye de Mouammar Kadhafi, est mis en place.

Hissène Habré, ancien compagnon de Weddeye, détient le portefeuille de la Défense mais quelques mois plus tard une guerre civile oppose les partisans des deux camps dans la capitale.

Hissène Habré, farouchement opposé au rôle de la Libye, est destitué et reprend le maquis.

- Répression sous Hissène Habré -

En juin 1982, les troupes d'Hissène Habré s'emparent de la capitale. Une guerre de "reconquête" en 1987 permet aux forces gouvernementales de récupérer le Nord occupé par les forces libyennes, sauf la bande d'Aouzou (restituée au Tchad en 1994 après 21 ans d'occupation libyenne).

En décembre 1990, Hissène Habré est chassé du pouvoir par Idriss Déby. Son régime a été marqué par une terrible répression: les opposants - réels ou supposés - sont arrêtés par la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS, police politique), torturés, souvent exécutés.

Une commission d'enquête estimera à plus de 40.000 le nombre de personnes mortes en détention ou exécutées sous son règne, dont 4.000 identifiées.

En mai 2016, il sera condamné à la prison à vie pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre par un tribunal spécial africain à Dakar. Il a bénéficié en avril d'une sortie de prison de 60 jours en raison de l'épidémie de coronavirus.

- Le pouvoir guerrier de Déby -

En 1996, après une "transition démocratique", Idriss Déby est élu président lors de la première élection pluraliste et accueille une partie de ses adversaires au gouvernement.

Réélu quatre fois depuis, il est critiqué par une opposition qui lui reproche des fraudes électorales et des violations des droits humains.

A partir de 2005, son régime est menacé par des offensives rebelles, notamment en 2008, lors d'une attaque parvenue aux portes du palais présidentiel, repoussée grâce à un soutien français.

En 2013, le Tchad envoie ses troupes combattre les jihadistes dans le nord du Mali lors de l'intervention française Serval.

En 2015, face à la menace des jihadistes nigérians de Boko Haram, il envoie ses troupes au Nigeria voisin pour libérer des localités et initier une riposte militaire régionale. N'Djamena subit plusieurs attentats suicide meurtriers revendiqués par Boko Haram.

Les élections législatives prévues en 2015 sont maintes fois repoussées, d'abord au nom de la lutte anti-terroriste, récemment en invoquant l'épidémie de coronavirus. Elles sont maintenant prévues en octobre 2021.

En 2017 le Tchad participe à la création de la force antijihadiste G5 Sahel (avec Mauritanie, Mali, Niger et Burkina Faso), sous impulsion française.

En avril 2018, le Tchad adopte une nouvelle Constitution controversée instaurant un régime présidentiel.

En février 2019, une colonne rebelle venue de Libye pour tenter de renverser le président est stoppée par des bombardements français sur demande de N'Djamena.

En mars 2020, l'armée déclenche une grande offensive pour venger la mort d'une centaine de ses soldats. N'Djamena affirme avoir tué 1.000 combattants et chassé les jihadistes de son sol.

Pour célébrer cette victoire, le président Déby est officiellement élevé au titre de maréchal du Tchad le 11 août 2020, à l'occasion du 60e anniversaire de l'indépendance.

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