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L’ONU en Centrafrique: «Tolérance zéro pour les abus sexuels»

L’ONU en Centrafrique: «Tolérance zéro pour les abus sexuels»Onanga-Anyanga lorsqu'il était chef du Bureau des Nations unies au Burundi
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 Deux semaines après sa nomination, le nouveau représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Centrafrique s’attèle à redorer le blason  de la mission onusienne, terni par des allégations de viols.

 Lors de sa première conférence de presse hebdomadaire à Bangui, Parfait Onanga-Anyanga a insisté mercredi sur « la politique de la tolérance zéro » pour les abus sexuels.

Le diplomate gabonais a été nommé à ce poste le 14 août dernier après la démission du général sénégalais Babacar Gaye. Ce dernier avait dû quitter le poste suite à des allégations de viols et d’exploitation sexuelle portées contre des Casques bleus de la Mission de l’ONU en Centrafrique (MINUSCA).

«Les abus sexuels seront intolérables.  Je veillerai à la discipline et à la bonne conduite dans les actions quotidiennes de chacun et de tous. La politique de tolérance zéro en matière d'exploitation et d'abus sexuel doit être la clé de voûte de protection des populations, l'âme de notre mandat. Cette raison d'être doit nous guider dans nos relations avec ceux que nous sommes venus aider », a promis Onanga-Anyanga.

« Pour le secrétaire général, cela veut dire mettre fin à la complaisance et à l'impunité. Protéger les civils est sacré et doit constituer un sacerdoce pour ceux qui en sont investis. Dans cette mission difficile mais exaltante, l'appui des États - surtout les pays contributeurs de troupe est indispensable afin que la responsabilité qui nous incombe et l'autorité investie aux États-membres forment un bloc cohérent pour prévenir et sanctionner les abus », a poursuivi l’émisssaire de Ban Ki-moon.

« Nous sommes dans un dialogue avec ces États-membres afin qu'ils exercent toute leur autorité auprès de ces troupes pour que des poursuites judiciaires soient diligentées dans les pays d'origine des troupes tout en tenant compte de la présomption d’innocence », a assuré le diplomate gabonais.

Selon Amnesty International, des Casques bleus de la MINUSCA ont violé une fillette de 12 ans lors d’une opération au début du mois à Bangui. D’autres Casques bleus auraient violé trois jeunes filles à Bambari le 12 août.

 

 Une commission externe indépendante nommée

 

 Ces allégations ont créé l’émoi aux Nations unies. Dans une déclaration à la presse, les membres du Conseil de sécurité ont rappelé que les Casques bleus sont là pour protéger les civils dans les zones où ils sont déployés et qu'ils doivent respecter le droit international, notamment en ce qui concerne les droits de l'homme.  « L'ONU ne devrait pas laisser les actions de quelques-uns ternir le travail héroïque des dizaines de milliers de soldats de la paix et de personnel des Nations Unies », a souligné le Conseil.

Une commission externe indépendante a déjà été nommée par l’ONU pour examiner les allégations concernant des abus en République centrafricaine et la réponse systémique de l'Organisation. Les membres du Conseil de sécurité ont déclaré attendre avec impatience que les conclusions de cette commission soient rendues publiques.

Cet organe des Nations unies a regretté que certaines des allégations d'exploitation et d'abus sexuels, y compris les dernières allégations en République centrafricaine, aient été portées à son attention par des acteurs extérieurs tels que les médias et des organisations non gouvernementales. Les Nations unies ont été en effet souvent accusées d’étouffer certains crimes commis par leur personne.

Le Conseil de sécurité a souligné qu'il était important que l'ONU enquête rapidement, d'une manière crédible et transparente, sur les allégations les plus récentes.

Ce n’est pas la première fois des troupes internationales déployées en Centrafrique sont éclaboussées par des accusations d’abus sexuels. Selon des informations révélées fin avril par le quotidien britannique The Guardian, qui affirme avoir eu accès à un rapport interne de l'ONU, quelques militaires français déployés en République centrafricaine dans le cadre de l'opération « Sangaris » sont sous soupçonnés d’avoir abusé sexuellement d’enfants lors de leur mission. «Si certains militaires se sont mal comportés, je serai implacable (…) Vous savez la confiance que je porte aux armées, le rôle que les militaires français jouent dans le monde (...) Aucune tâche ne doit écorner leur uniforme», a promis le président François Hollande.

 

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