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Mali : plus de peur que de mal à Kidal

Mali : plus de peur que de mal à Kidal©Kenzo Tribouillard/AFPUne militante du MNLA lors d'une manifestation à Kidal en juillet 2013
2 min 54Temps de lecture approximatif

L'espoir semble désormais de mise à Kidal dans le nord du Mali. La peur était née au début de la semaine dernière quand un convoi de combattants pro-gouvernementaux était entré dans ce bastion de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), une rébellion naguère indépendantiste. Un compromis a été trouvé le week-end pour faire avancer le processus de paix.

 Aucun coup de feu n'avait certes été tiré lorsqu'une colonne de 50 véhicules du Groupe d'autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA) avait fait son entrée à Kidal, dans le cadre, selon ses responsables, de l'application de l'accord d'Anefis, signé entre la CMA et la Plateforme le 16 octobre dernier. Des divergences étaient cependant vite apparues à la tête de la CMA concernant les conditions dans lesquelles ces éléments du GATIA (un des membres de la Plateforme) étaient rentrés dans la ville. Certains leaders de la CMA avaient aussitôt demandé le retrait du GATIA, faisant ainsi craindre le pire.

Réaffirmant leur attachement à « l'Accord de paix et de réconciliation au Mali issu du processus d'Alger », Plateforme et CMA sont parvenues à un accord à l'issue d'une rencontre samedi, à Kidal même. Signé par le gouvernement et les groupes armés en mai-juin 2015, l'Accord d'Alger vise à l'établissement d'une paix durable dans le nord du Mali, une région qui a connu plusieurs rébellions touarègues depuis l'indépendance, de la France, en 1960.

Dans le communiqué conjoint sanctionnant leurs discussions de samedi, la Plateforme et la CMA font chacune des concessions. « Conformément aux dispositions déjà arrêtées, des éléments de la Plateforme intégreront les commissions chargées de la gestion de la ville de Kidal », indique le texte. Pour sa part, la Plateforme « allégera son dispositif militaire présent à Kidal », poursuit le communiqué publié à l'issue de « longs débats riches en sagesse et en objectivité ».

Toujours selon ce texte, « partout où les deux parties sont conjointement présentes, elles travailleront collégialement pour renforcer davantage le processus de paix enclenché depuis la rencontre historique d'Anéfis ».

Ceci pour le bien des populations qui pourront circuler dans les localités contrôlées par la Plateforme ou la CMA, « tout en respectant les autorités sur place ».

Enfin, les deux parties « réaffirment leur indéfectible attachement à l'Accord d'Anefis, qui est aujourd'hui le principal accord gage d'un retour à une paix et une stabilité durables ».

 

  

« Pactes d'honneur »

 

  
Le terrain est ainsi déblayé pour des discussions plus approfondies à partir du 15 février pour « couronner la rencontre d'Anéfis ».
Les combats entre CMA et groupes pro-Bamako, à dominante touareg de part et d'autre, s'étaient poursuivis à l'été 2015 malgré la signature de l'accord de paix d'Alger. Mais ils ont cessé depuis la conclusion de « pactes d'honneur » entre les belligérants le 16 octobre, au terme de trois semaines de rencontres à Anéfis, près de Kidal.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes après la déroute de l'armée face aux rebelles à dominante touarègue. Ces derniers ont pu y bénéficier, un temps, d'une alliance avec ces islamistes qui les ont finalement évincés pour s'ériger en maîtres de la de la région.

 Début 2013, les jihadistes ont été affaiblis et dispersés par une intervention militaire internationale mais certaines zones du territoire malien échappent encore au contrôle de Bamako.

Les autorités nationales mènent aujourd'hui de front la mise en application du processus de paix et la lutte contre les attaques terroristes, dont la dernière en date a visé vendredi un camp de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) à Tombouctou, toujours dans le nord du pays.

Selon le représentant spécial du secrétaire général au Mali, Mahamat Saleh Annadif, l'explosion d'un véhicule piégé a légèrement blessé un policier onusien.

« L'attaque est l'œuvre des ennemis de la paix. Nous sommes conscients que la paix dérange, mais elle est en marche et la mise en œuvre de l'Accord est irréversible », a affirmé M. Annadif.

« Je tiens à saluer la bravoure et l'efficacité de nos partenaires des Forces de défense et de sécurité du Mali et celles de la MINUSMA qui sont intervenues pour enrayer la violence et neutraliser les assaillants », a-t-il ajouté.

Selon Bamako, un soldat des forces de défense maliennes a été tué et trois autres blessés durant l'opération.

L'attentat a été revendiqué par l'organisation AQMI (Al-Qaida au Maghreb islamique). 

 

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