11.02.09 - TPIR/NSENGIMANA - REQUISITOIRE JEUDI DANS LE PROCES DE L'ABBE NSENGIMANA

Arusha, 11 février 2009 (FH) -  Le réquisitoire du procureur et les plaidoiries de la défense seront entendus jeudi et vendredi dans le procès de l'abbé Hormisdas Nsengimana, jugé au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour son rôle présumé dans le génocide de 1994.

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Le prêtre catholique qui clame son innocence, était, en 1994, recteur du collège Christ Roi de Nyanza (sud), l'une des écoles les plus prestigieuses du pays.

A l'ouverture du procès le 22 juin 2007, l'ancienne chef des poursuites au TPIR, l'Italienne Silvana Arbia, actuellement greffière en chef de la Cour pénale internationale (CPI) avait accusé l'homme d'église d'avoir mis ses connaissances et ses dons remarquables au service d'une entreprise commune visant à exterminer les Tutsis.

Elle avait décrit l'accusé comme un extrémiste hutu qui, même avant le génocide, ne cachait pas sa haine des Tutsis à commencer par ceux de son école - élèves, prêtres et autres employés.

Selon Mme Arbia, l'accusé a déclaré, après le déclenchement du génocide, que « le temps est révolu où les églises servaient de refuge aux Tutsis ».

La représentante du procureur a soutenu que le prêtre était le chef spirituel d'un groupe appelé « Les Dragons ou l'Escadron de la mort » dont les membres se sont illustrés pendant le génocide dans la région de Nyanza.

Selon Arbia, l'abbé a non seulement ordonné des massacres mais tué en personne un vieux prêtre tutsi, Mathieu Ngirumpatse et plusieurs femmes tutsies.

De son côté, le conseil principal de la défense, Emmanuel Altit, a déclaré, en ouvrant la phase des témoignages à décharge le 2 juin 2008,  que la mise en accusation du prêtre visait « l'église (catholique) en tant qu'institution ».

L'objectif de l'inculpation est, selon l'avocat français, de « faire tomber cet homme, promis aux hautes destinées de l'église ».  Me Altit a soutenu que son client était « un prêtre bénéficiant d'une aura » et qui avait la confiance de son évêque tutsi, Mgr Jean Baptiste Gahamanyi.

« Le défense ne nie pas le génocide mais le Père Hormisdas n'a rien à voir dans tout cela », a affirmé le défenseur, appelant les juges à « mettre un terme à toutes ces années de cauchemars » pour Nsengimana.

L'accusation a présenté 19 témoins à l'appui de ses allégations et la défense 24.

Hormisdas fait partie des 4 prêtres catholiques inculpés par le TPIR, dont Athanase Seromba condamné définitivement à la prison à vie et Emmanuel Rukundo qui attend son verdict.

Le dernier, l'abbé Wenceslas Munyeshyaka, sera jugé à Paris, le TPIR s'étant dessaisi de l'affaire au profit de la justice française.

ER/GF

© Agence Hirondellea