Verdun: l'organisateur d'un hommage à Pétain jugé mercredi

L'organisateur d'une messe en hommage à Philippe Pétain doit comparaître mercredi à 14H00 devant le tribunal correctionnel de Verdun pour "contestation publique de l'existence de crime contre l'humanité commis durant la Seconde Guerre mondiale".

Président de l'Association pour défendre la mémoire du Maréchal Pétain (ADMP), Jacques Boncompain est convoqué devant le tribunal tandis que 13 "victimes" se sont faites connaître de la justice, parmi lesquelles l'Observatoire juif de France ou encore la Ligue des droits de l'homme.

Il lui est notamment reproché d'avoir affirmé, à la sortie d'une messe qu'il avait organisée le 15 novembre 2025 en hommage à Philippe Pétain dans une église de Verdun, que le chef du régime de Vichy avait été "le premier résistant de France" et qu'il avait "sauvé" des juifs. L'événement avait réuni une centaine de contre-manifestants.

"Ils vont diffuser deux minutes sorties de leur contexte", estime auprès de l'AFP le prévenu, qui dénonce un "traquenard" tendu par le maire divers gauche de la ville, Samuel Hazard, qui a voulu, selon lui, "créer de toutes pièces une polémique qu'il a rendue nationale avec succès".

"Le sens de la messe était d'appeler à la réconciliation nationale", insiste l'homme de 84 ans, qui n'a "jamais été condamné".

"Toute ma vie a été consacrée à la liberté d'expression, de création", assure-t-il, estimant que cette audience est un "procès politique". "Depuis le 15 novembre, je vis un martyre".

Dans une vidéo mise en ligne par le journal L'Est républicain, on entend M. Boncompain qualifier l'ancien chef de l'Etat français de "plus grand serviteur de la France du XXe siècle". "Il a sauvé, devant témoins je peux le dire, au moins 700.000 juifs", ajoute-t-il.

La thèse consistant à dire que Philippe Pétain aurait "protégé les juifs français", est, selon plusieurs historiens, dénuée de tout fondement.

Surnommé "vainqueur" de la bataille emblématique de Verdun, dans l'est de la France, en 1916, Philippe Pétain prit en 1940 la tête du régime de Vichy, qui collabora avec l'Allemagne nazie.

Il a été frappé d'indignité nationale en 1945 et condamné à mort, une peine commuée en prison à vie. Il est mort en détention en 1951.

Les propos révisionnistes sont passibles d'une peine pouvant aller jusqu'à un an d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende. Ils sont définis comme la négation, la minoration ou la banalisation de façon outrancière d'un crime de génocide, de crime de guerre ou de crime contre l'humanité.

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