Un ex-colonel syrien, inculpé pour crimes contre l'humanité, devant la justice britannique

Un ancien colonel syrien inculpé au Royaume-Uni pour crimes contre l'humanité pour son rôle dans la répression de manifestations dans la banlieue de Damas en 2011 a comparu mardi devant la justice britannique, qui l'a maintenu en liberté mais avec de strictes conditions.

Cette inculpation pour crimes contre l'humanité est une première au Royaume-Uni, avait indiqué lundi la police antiterroriste.

Les faits remontent à 2011, quand le régime de Bachar al-Assad a réprimé dans le sang des manifestations prodémocratie. Cela a ensuite débouché sur la guerre civile dans le pays, qui a duré jusqu'au renversement du dictateur en décembre 2024.

Salem al-Salem, 58 ans, était colonel pour les services de renseignement de l'armée de l'air syrienne à Damas.

Il est soupçonné d'avoir, à partir d'avril 2011, "dirigé un groupe chargé de réprimer les manifestations" dans le quartier de Jobar, à l'est de Damas, l'un des lieux symboles de la violence de la répression.

Salem al-Salem est notamment accusé de trois meurtres, entre avril et juillet 2011, "dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique contre une population civile". Il est soupçonné d'avoir participé au meurtre d'une quatrième personne.

Il est aussi accusé d'avoir torturé trois personnes entre août 2011 et mars 2012.

Salem al-Salem a comparu mardi devant le tribunal de Westminster à Londres par vidéoconférence, assisté d'un interprète, dans le cadre d'une audience préliminaire.

Souffrant d'une maladie du motoneurone, une maladie neurodégénérative, il avait un tube respiratoire dans la bouche et n'a pas pris la parole.

Le tribunal a accordé à cet homme, qui réside dans le Buckinghamshire, dans le centre de l'Angleterre, un régime de liberté sous caution, mais a rejeté la demande de la défense de ne pas divulguer son nom.

"Il ne présente aucun risque de fuite", en raison de son état de santé, a déclaré le juge, Paul Goldspring.

Salem al-Salem doit rester chez lui en permanence et ne pourra sortir que pour des "raisons médicales exceptionnelles". Il devra se tenir à la disposition de la police pour des contrôles et de ne contacter aucune personne citée comme témoin potentiel dans cette affaire.

Il avait été interpellé le 1er décembre 2021 puis libéré sous caution, avant d'être finalement inculpé lundi, à l'issue d'une enquête "extrêmement complexe et difficile, ayant nécessité des investigations dans de nombreux pays", selon Helen Flanagan, qui dirige la police antiterroriste à Londres.

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