Répression de l'opposition biélorusse en Lituanie: la CPI enquête

Le parquet de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé jeudi avoir ouvert une enquête sur des crimes contre l'humanité présumés commis par les autorités biélorusses en Lituanie contre des figures de l'opposition.

Ce pays balte est devenu un refuge pour des dizaines de milliers de Biélorusses ayant fui leur pays après la répression violente des manifestations de 2020 contre le président Alexandre Loukachenko par les autorités de Minsk.

En septembre 2024, la Lituanie a exhorté la CPI, basée à La Haye, d'ouvrir une enquête, affirmant que certains des crimes présumés avaient été commis sur son territoire.

Le Bureau du Procureur de la CPI a annoncé jeudi avoir trouvé "des motifs raisonnables de croire que des crimes relevant de la compétence de la Cour ont été commis".

Les crimes présumés faisant l'objet de l'enquête comprennent la déportation et la persécution par la déportation et ont été commis "au moins en partie sur le territoire lituanien", a précisé le Bureau du Procureur.

"Il existe des motifs raisonnables de croire que ces crimes ont été commis dans le cadre d'une attaque généralisée et systématique contre la population civile", a souligné le Procureur.

Le Bélarus expulse régulièrement des prisonniers politiques libérés, principalement vers la Lituanie, comme le lauréat du prix Nobel Ales Bialiatski en décembre.

Minsk a également tenté d'expulser l'opposant Mykola Statkevich vers la Lituanie en septembre, mais ce dernier a refusé de franchir la frontière et est retourné à pied au Bélarus, où il a été réincarcéré avant d'être libéré pour raisons de santé en février.

Des figures de l'opposition bélarusse en exil signalent régulièrement être menacées par les services de sécurité du KGB à Minsk lorsqu'elles se trouvent à l'étranger.

Selon l'organisation de défense des droits humains Viasna, le Bélarus compte 1.139 prisonniers politiques.

Le Bélarus n'est pas membre de la CPI et les crimes commis sur son territoire ne relèvent pas de la compétence de la Cour, contrairement aux crimes présumés commis en Lituanie.

La ministre lituanienne de la Justice de l'époque a dit s'attendre à ce que la CPI émette un mandat d'arrêt contre Loukachenko à l'issue de l'enquête.

Cela ne se produirait que si l'enquête du procureur révélait des motifs raisonnables de demander un mandat, lequel devrait alors être accordé par les juges de la CPI.

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