Salvador: HRW dénonce la "disparition forcée" de migrants expulsés par les Etats-Unis

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé lundi le gouvernement du président salvadorien, Nayib Bukele, de la "disparition forcée" d'au moins 11 ressortissants de son pays, expulsés des Etats-Unis vers le Salvador l'an dernier.

M. Bukele, allié de Donald Trump, a accueilli et incarcéré dans sa méga-prison pour membres de gangs, le Cecot, près de 260 migrants vénézuéliens et une trentaine de migrants salvadoriens, accusés par les deux présidents d'appartenir aux organisations criminelles Tren de Aragua et Mara Salvatrucha (MS-13).

Les Vénézuéliens ont été libérés quatre mois plus tard dans le cadre d'un échange avec des Américains détenus au Venezuela, mais on ignore dans quelles prisons se trouvent les Salvadoriens, selon un communiqué de HRW depuis Washington.

Il n'existe pas non plus de trace de leur présentation à un juge, affirme l'ONG.

"Le Salvador procède à des disparitions forcées et à des détentions arbitraires à l'encontre de Salvadoriens expulsés des Etats-Unis", dénonce HRW, qui intime au gouvernement de "dévoiler où ils se trouvent".

HRW a documenté la disparition de 11 Salvadoriens expulsés, dont huit sont arrivés avec les Vénézuéliens et trois plus tard, a expliqué à l'AFP Juan Pappier, son directeur adjoint pour les Amériques.

Parmi les Salvadoriens expulsés en même temps que les Vénézuéliens se trouvait un chef connu de la Mara Salvatrucha, considérée comme une organisation terroriste par le Salvador et les Etats-Unis.

Mais "ni les autorités américaines ni les autorités salvadoriennes n'ont fourni de preuves (...) venant étayer l'affirmation selon laquelle les autres personnes expulsées seraient" des membres de gangs, souligne l'ONG.

Un groupe d'experts soutenu par des organisations de défense des droits humains a récemment accusé le président Bukele de "crimes contre l'humanité", tels que des actes de torture dans les prisons et des disparitions.

L'ONG Cristosal dénonce par ailleurs l'existence de "prisonniers politiques" dans le Salvador de Bukele, un fait inédit selon elle depuis la fin de la guerre civile dans ce pays d'Amérique centrale, il y a trois décennies.

Nayib Bukele, au pouvoir depuis 2019, rejette les critiques sur sa politique sécuritaire, une guerre contre les gangs qui a conduit à une nette baisse du taux d'homicides mais est pointée du doigt pour ses dérives en matière de droits humains.

Justice Info est sur Bluesky
Comme nous, vous étiez fan de Twitter mais vous êtes déçus par X ? Alors rejoignez-nous sur Bluesky et remettons les compteurs à zéro, de façon plus saine.
Poursuivez la lecture...