Le vote de l'Assemblée générale de l'ONU qui a proclamé mercredi la traite des esclaves africains comme "pire crime contre l'humanité" est une "décision historique" et une étape importante vers "la guérison", a salué jeudi l'Union africaine (UA).
La résolution, adoptée par 123 voix pour, 3 contre (Etats-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions (dont le Royaume-Uni et les Etats membres de l'Union européenne), déclare "la traite des Africains réduits en esclavage et l'esclavage racialisé des Africains" comme "les plus graves crimes contre l'humanité", condamnant cette "injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l'humanité".
Le texte, soutenu par l'UA, était porté par le président ghanéen John Mahama, dont le pays a été le premier du continent à accéder à l'indépendance en 1957.
"Cette décision historique marque une étape importante vers la vérité, la justice et la guérison, et renforce la nécessité urgente de s'attaquer à l'héritage durable de l'esclavage", a affirmé Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l'UA, dans un communiqué publié sur X.
L'organisation continentale "reste déterminée" à "veiller à ce que de tels crimes ne soient ni oubliés ni répétés", a-t-il précisé.
L'esclavage transatlantique a organisé le commerce de millions de personnes d'Afrique de l'Ouest et centrale.
La résolution appelle les Etats à s'engager dans un processus de justice pour réparer les torts du passé, notamment des excuses formelles, des compensations pour les descendants des victimes, des politiques de lutte contre le racisme et la restitution des biens culturels et spirituels pillés.
Les Etats-Unis ont voté contre ce texte affirmant qu'il met les crimes "en compétition" et déclarant ne pas reconnaître "le droit légal à des réparations pour des torts historiques qui n'étaient pas illégaux en vertu du droit international à l'époque où ils ont eu lieu".
Mêmes arguments de la part des pays de l'UE et du Royaume-Uni, qui tout en soulignant la monstruosité de l'esclavage, se sont eux abstenus.

