La Russie a fait adopter vendredi une résolution par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, une première depuis son invasion de l'Ukraine, signe d'une volonté de réintégrer la scène internationale, selon les observateurs.
Le texte présenté par la Russie semblait anodin, se contentant d'appeler les pays à célébrer dignement le 60e anniversaire de l'adoption des pactes internationaux relatifs aux droits de l'homme.
Il a été adopté par 26 voix pour sur 47 membres du Conseil, aucune contre, et 21 abstentions, principalement de pays occidentaux.
Ce vote marque une première pour un texte rédigé par la Russie depuis la suspension du pays du Conseil suite à son invasion de l'Ukraine en février 2022.
Des observateurs ont dénoncé le fait que la Russie ait utilisé un texte en apparence anodin pour empêcher les pays de voter contre.
"La résolution déposée par la Fédération de Russie est une tentative cynique de renouer avec un organe dont elle a été exclue il y a quatre ans", a déclaré Dave Elseroad, de la Human Rights House Foundation, à l'AFP.
Avant le vote, un représentant russe a appelé au soutien de tous les "États pour qui le respect des droits de l'homme n'est pas un simple slogan politique".
Plusieurs diplomates occidentaux ont pris la parole pour affirmer leur plein soutien aux pactes internationaux relatifs aux droits de l'homme, en ajoutant qu'ils ne pouvaient voter pour ce texte.
"Il est inapproprié que la Russie présente ce texte au Conseil alors qu'elle viole de manière flagrante nombre des principes et valeurs contenus dans ces traités", a dit Eleanor Sanders, ambassadrice britannique pour les droits de l'homme, devant le Conseil.
"L'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie est l'exemple le plus flagrant de sa volonté de violer la quasi-totalité des droits inscrits dans les deux pactes qu'elle prétend commémorer dans cette résolution", a-t-elle fait valoir.
S'exprimant au nom de l'Union européenne, l'ambassadrice chypriote Olympia Neocleous a insisté sur le fait que les enquêteurs mandatés par le Conseil avaient conclu que les autorités russes avaient commis des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre en Ukraine.

