Trois journalistes libanais, dont un correspondant vedette de la chaîne al-Manar du Hezbollah, ont été tués samedi au Liban, les autorités dénonçant un "crime flagrant".
L'armée israélienne a affirmé avoir tué Ali Shoeib, qu'elle qualifie de membre de la force al-Radwan, unité d'élite du Hezbollah, opérant "sous la couverture d'un journaliste" et qui selon elle repérait les positions de l'armée israélienne dans le sud du Liban.
Depuis que le Liban a été entraîné le 2 mars dans la guerre régionale par une attaque du Hezbollah pro-iranien contre Israël, 1.189 personnes ont été tuées, dont 124 enfants et 51 secouristes et membres du personnel de santé, dans les frappes israéliennes massives, et plus d'un million ont été déplacées.
L'armée israélienne a affirmé samedi avoir tué "plus de 800" membres du Hezbollah depuis le début de la guerre.
Les trois journalistes ont été tués par une frappe qui a visé leur voiture dans la région de Jezzine, dans le sud du Liban, selon une source militaire et les médias pour lesquels ils travaillaient.
Outre Ali Shoeib, correspondant de guerre de longue date d'al-Manar dans le sud du Liban, la journaliste d'al-Mayadeen, chaîne proche du Hezbollah, Fatima Ftouni, et son frère, le caméraman Mohammed Ftouni, ont été tués.
Le Hezbollah a dénoncé dans un communiqué l'assassinat de son reporter, tandis que des journalistes ont organisé un rassemblement à Beyrouth.
- "Crime de guerre" -
Le président libanais Joseph Aoun a qualifié cette frappe de "crime flagrant" et le Premier ministre Nawaf Salam a dénoncé "une violation flagrante du droit international humanitaire".
"Ces actes relèvent de la catégorie des crimes de guerre", a fustigé le ministre de l'Information, Paul Morcos.
Ce n'est pas la première fois que des journalistes de ces deux chaînes sont visés par l'armée israélienne. En octobre 2024, trois reporters, deux d'al-Mayadeen et un d'al-Manar avaient été tués dans une frappe israélienne.
En octobre 2023, une frappe a tué le vidéaste de l'agence Reuters, Issam Abdallah, et blessé six autres reporters, dont deux de l'AFP, Dylan Collins et Christina Assi, amputée de la jambe droite.
- Neuf secouristes tués -
Le secteur de la santé est aussi durement touché par l'offensive israélienne: samedi, neuf secouristes ont été tués dans plusieurs bombardements, a indiqué le ministre de la Santé.
Selon Rakan Nassereddine, figuraient parmi eux quatre membres du Comité de santé islamique du Hezbollah et cinq membres des Scouts Risala du mouvement Amal, allié au Hezbollah, tous en service.
Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué 46 secouristes et cinq membres du personnel soignant, a-t-il précisé, ajoutant que 75 attaques ont visé des services de secours et de santé.
Samedi soir, des avions de guerre israéliens ont franchi le mur du son au-dessus de Beyrouth, des habitants à travers le pays entendant de fortes détonations.
Plus tôt, Israël a poursuivi ses frappes aériennes sur plusieurs localités du sud du Liban, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).
A Henniyeh, le ministère de la Santé a indiqué qu'une frappe avait fait sept mort --six Syriens et un Libanais-- et blessé neuf Syriens. Il a ajouté qu'une autre frappe sur Deir Zahrani avait tué sept personnes et blessé huit autres.
Le Hezbollah a annoncé des attaques contre les forces israéliennes qui progressent dans la région frontalière. Il a notamment dit avoir frappé un char Merkava à l'aide d'un drone dans la localité de Debel.
L'armée libanaise, qui reste à l'écart des violences, a annoncé samedi la mort de deux soldats dans des frappes israélienne. Ils n'étaient pas en service, selon des sources militaires.

