Un nouveau procès en destitution de la vice-présidente des Philippines, Sara Duterte, s'ouvrira lundi, a indiqué jeudi le président du Sénat, après une première procédure l'an dernier.
Les deux tiers des 24 sièges du Sénat sont nécessaires pour la condamner, mais cette chambre est contrôlée par des membres et alliés de son parti, ce qui rend une condamnation peu probable.
Sara Duterte est la fille de l'ex-président philippin, Rodrigo Duterte, inculpé par les procureurs de la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l'humanité pour les dérives de sa "guerre contre la drogue" qui a fait, selon les défenseurs des droits humains, des milliers de morts dont beaucoup de simples toxicomanes ou petits trafiquants.
Fin avril, une commission du Congrès philippin avait affirmé avoir trouvé des motifs suffisants pour engager une procédure de destitution à l'encontre de la vice-présidente. Dans la foulée, la Chambre des représentants a voté lundi la mise en accusation de Mme Duterte, pour malversations et corruption, ainsi que pour menace de mort à l'encontre du président Ferdinand Marcos.
Un verdict de culpabilité entraînerait la destitution de Mme Duterte et son inéligibilité à vie alors qu'elle s'est déclarée candidate à l'élection présidentielle de 2028.
Pressentie pour succéder à son père à la présidentielle de 2022, Sara Duterte s'était retirée en faveur de Ferdinand Marcos Jr. se contentant de la vice-présidence. Les deux anciens alliés se livrent désormais une lutte politique acharnée.
En vertu de la Constitution philippine, l'adoption d'une mise en accusation à la Chambre des représentants entraîne un procès au Sénat, composé de 24 membres.
"Il doit toujours y avoir un fondement juridique, et je déciderai en fonction de la vérité et des preuves", a déclaré le président du Sénat Alan Peter Cayetano aux journalistes.
Neuf voix suffiraient à acquitter Sara Duterte, mais si elle est jugée coupable de l'un des chefs d'accusation, elle sera interdite de toute fonction publique.
Mme Duterte jouit cependant d'un atout supplémentaire depuis lundi avec la désignation à la présidence du Sénat d'Alan Peter Cayetano qui est pour elle un allié de longue date.

