"Flottille pour Gaza": plainte d'une élue communiste et d'un journaliste déposée à Paris

Raphaëlle Primet, élue communiste, et Hafedh Mribah, journaliste franco-tunisien, ont déposé plainte à Paris pour "arrestation, enlèvement, détention arbitraire" et "violences" après l'arraisonnement par les Israéliens de leur bateau naviguant vers Gaza fin avril, a indiqué vendredi leur avocat.

Raphaëlle Primet, conseillère de Paris, et le correspondant pour la chaîne d'information Al Jazeera participaient à une "flottille pour Gaza" avec des bateaux partis de Marseille en France, Barcelone en Espagne et Syracuse en Italie, et visant à briser le blocus de Gaza.

Leur embarcation a été arraisonnée le 30 avril par l'armée israélienne. Raphaëlle Primet et Hafedh Mribah, après leur détention, ont pu rentrer en France le 2 mai.

Ils ont "été menottés à l'aide de serre-câbles, déplacés sous escorte armée et contraints d'adopter des positions destinées à les soumettre et à les intimider", énumère leur avocat Me Vincent Brengarth dans la plainte contre X déposée vendredi auprès du tribunal judiciaire de Paris.

Les plaignants dénoncent aussi, "tout au long de la période de détention, insultes, provocations et menaces".

Hafedh Mribah a en outre "été privé de ses chaussures, de ses effets personnels et d'une partie de ses vêtements alors même qu'il souffrait du froid et signalait aux militaires des douleurs abdominales importantes liées à une pathologie chronique", selon la plainte. "Aucune prise en charge adaptée ne lui a été proposée", pointe Me Brengarth.

Les plaignants assurent aussi avoir "été témoins de violences particulièrement graves exercées contre d'autres membres de la flottille". Après "la disparition temporaire de plusieurs militants", ils ont "observé" à leur retour, lors de leur arrivée en Grèce, des "visages tuméfiés, fractures, luxations, blessures causées par des projectiles".

"La gravité des faits dénoncés appelle une réaction judiciaire à la hauteur des atteintes alléguées", commente auprès de l'AFP Me Brengarth. "Leur commission à l'étranger ne saurait justifier une quelconque inertie des autorités judiciaires, en particulier compte tenu de la double nationalité susceptible d'être détenue par certains responsables et de leurs venues régulières sur le territoire français", développe-t-il. "Il appartient à la justice de jouer pleinement son rôle afin de mettre un terme à toute forme d'impunité", conclut l'avocat.

Au début du mois, la justice française a ouvert une enquête pour tortures et crimes de guerre à la suite d'un signalement du Quai d'Orsay sur la manière dont des Français d'une autre "flottille pour Gaza", partie mi-mai, ont été traités par Israël.

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