Des centaines de partisans du candidat de gauche à la présidentielle péruvienne, Roberto Sanchez, ont manifesté samedi soir à Lima contre un retour du fujimorisme, les résultats partiels donnant une légère avance à sa rivale de droite Keiko Fujimori.
Une semaine après le second tour, la présidentielle reste sans vainqueur dans un Pérou profondément divisé.
Roberto Sanchez a proposé vendredi à Keiko Fujimori de demander conjointement un recomptage intégral des votes, une initiative rejetée par le camp de la candidate de droite.
"Pour la justice et la dignité, Fujimori plus jamais", scandait la foule, qui s'est réunie dans le centre de la capitale avant de défiler derrière une grande banderole proclamant notamment "Non à la fraude!"
"Le vainqueur ici, c'est Roberto Sanchez. Nous allons exiger du Jury (national des élections JNE, NDLR) qu'il respecte le vote populaire et la volonté du peuple", a déclaré à l'AFP Daniel Cerron, maître d'école de 57 ans.
Les manifestants ont défilé jusqu'au siège du JNE, protégé par un important dispositif policier.
Sur 98,5% des procès-verbaux dépouillés depuis le second tour du 7 juin, Keiko Fujimori recueille 50,05% des voix contre 49,95% pour Roberto Sanchez, selon l'Office national des processus électoraux (ONPE).
La fille de l'ancien président Alberto Fujimori, qui a gouverné le pays d'une main de fer dans les années 1990 avant d'être condamné pour corruption et crimes contre l'humanité, devance d'environ 18.500 voix son adversaire sur plus de 18 millions de votes comptabilisés.
Le dépouillement est désormais entré dans sa phase finale avec l'examen des procès-verbaux de vote contestés et les recours déposés devant les juridictions électorales.
Selon le chef de l'autorité électorale, le résultat définitif pourrait ne pas être connu avant deux semaines en raison de l'examen de ces recours.

