L'Eglise orthodoxe dénonce la saisie d'un terrain par Israël à Jérusalem-Est

Le patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem a protesté mercredi contre ce qu'il a présenté comme une saisie "illégale et illégitime" par Israël d'un terrain lui appartenant dans la partie orientale de la Ville sainte, lundi.

Le patriarcat exprime "sa profonde inquiétude face au raid israélien et à l'accaparement de terres visant ses biens ecclésiastiques à Silwan", quartier majoritairement palestinien à Jérusalem-Est, secteur occupé et annexé par Israël depuis 1967, indique un communiqué publié sur son site internet.

"Au cours de l'opération, le représentant du patriarcat a été expulsé de force", ajoute le texte qui dénonce "une appropriation illégale et illégitime d'une propriété ecclésiastique établie au coeur de Jérusalem" s'inscrivant "dans un schéma plus large d'attaques croissantes visant à affaiblir la présence chrétienne autochtone en Terre sainte".

Faisant référence au même incident, Arié King, l'un des adjoints au maire de Jérusalem, a affirmé sur son compte Facebook que "la municipalité, accompagnée de la police israélienne", avait agi lundi "pour évacuer un délinquant", qui selon lui s'était approprié ce terrain sans autorisations.

"Très prochainement, des travaux de réhabilitation commenceront et, à leur achèvement, le site sera ouvert au public dans le cadre du parc national de la Cité de David", ajoute M. King.

"Ce terrain est destiné à servir à construire une rue municipale", a ensuite déclaré M. King à l'AFP, ajoutant ne pas être au courant de revendications du patriarcat orthodoxe sur cette parcelle.

Le quartier de Silwan, faubourg de Jérusalem-Est, s'étend au pied de la muraille sud de la Vieille Ville.

"Les autorités israéliennes (y) accélèrent les démolitions de maisons et les expulsions forcées de résidents palestiniens" note l'ONG Human Rights Watch dans un communiqué publié mercredi alors que des dizaines d'habitations palestiniennes y ont déjà été détruites par la municipalité de Jérusalem après que leur construction a été déclarée illégale au regard de la loi israélienne.

"La déportation ou le transfert forcés" de ces habitants "s'apparentent à un crime de guerre", ajoute l'ONG.

Les démolitions doivent permettre de faire de la place pour le "Jardin du Roi", projet d'extension du complexe archéologique et touristique de la Cité de David, géré par l'association Elad, organisation nationaliste israélienne vouée à renforcer la présence juive dans les quartiers arabes de Jérusalem-Est.

L'annexion de Jérusalem-Est dans la foulée de sa conquête par Israël en juin 1967 est jugée illicite par l'ONU, qui condamne régulièrement comme illégales au regard du droit international les mesures israéliennes visant à modifier la composition démographique de la partie orientale, majoritairement palestinienne, de la Ville sainte.

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