Plus de 700 civils ont été tués par l'armée birmane pendant la période électorale, entre août et janvier, dont plus de la moitié dans des frappes aériennes, a annoncé le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme lundi.
"Des sources fiables ont indiqué avoir établi qu'au moins 702 civils avaient été tués à travers le pays au cours de la période considérée", détaille un rapport.
Une porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani, a indiqué à l'AFP que "ces 702 décès sont imputables à l'armée birmane".
"Cela ne veut pas dire que d'autres groupes armés ne sont pas responsables d'autres victimes civiles. Ce sont les données crédibles dont nous disposons. Ce chiffre n'est pas exhaustif", a-t-elle ajouté.
L'analyse des données a montré des pics de décès de civils au cours de deux périodes, à savoir août-septembre 2025 et décembre 2025-janvier 2026. Selon le Haut-Commissariat, ces périodes coïncident "avec l'annonce des élections et des avancées de l'armée sur le champ de bataille".
Selon le rapport, 224 femmes et 153 enfants figurent parmi les 702 personnes tuées.
"Les frappes aériennes sont restées la principale cause de destruction et de souffrances", précise-t-il, ajoutant qu'"au moins 505 civils, dont 175 femmes et 112 enfants, ont été tués dans des attaques menées au moyen d'avions de chasse, de drones, de paramoteurs et d'autogires".
Selon le rapport, "des sources ouvertes fiables ont indiqué que des groupes armés d'opposition avaient mené des attaques qui avaient touché des civils, dont au moins 95 attaques liées aux élections".
Après cinq années de régime autoritaire, la junte a organisé des élections législatives en décembre et janvier, présentées comme un retour à la démocratie.
Le scrutin n'a cependant pas pu se tenir dans de vastes zones contrôlées par des rebelles et a abouti à une victoire écrasante, sans opposition, des partis pro-militaires.
"La période qui a précédé les élections contrôlées par l'armée a été marquée par de graves violations des droits de l'homme (..) dans un contexte d'insécurité et d'instabilité généralisées", indique le Haut-Commissariat.
Selon cette agence de l'ONU, ces "schémas de violations et d'atteintes" ont "des conséquences graves pour l'exercice des droits et libertés fondamentaux essentiels à la tenue d'élections crédibles".
Selon le Haut-Commissariat, les civils ont été contraints dans de nombreuses régions de participer aux élections et menacés s'ils refusaient de le faire ou s'ils s'opposaient ouvertement au processus.
L'institution onusienne recommande à la communauté internationale de saisir la Cour pénale internationale et demande de cesser "le transfert d'armes et de pièces détachées, de munitions (...) vers la Birmanie, lorsqu'il existe un risque que ceux-ci puissent faciliter la commission de violations" du droit international.

