Un tribunal libyen a condamné à sept ans et quatre mois de prison Osama Almasri Najim, un ancien haut responsable de la police judiciaire, recherché par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et contre l'humanité, selon un communiqué du Procureur national.
Osama Almasri Najim, en détention en Libye depuis novembre dernier, avait été au coeur début 2025 d'une controverse après son arrestation en Italie puis sa libération et son retour en Libye à bord d'un avion affrété par le gouvernement de Giorgia Meloni.
Cet ancien chef de la police judiciaire de Tripoli et responsable de la prison de Mitiga près de l'aéroport était poursuivi "pour violation des droits des détenus du principal établissement pénitentiaire et de réhabilitation de Tripoli", a précisé le bureau du Procureur, dans un communiqué diffusé dimanche soir tard.
Le Parquet a été "informé de cas de torture et de traitements cruels et dégradants infligés aux détenus", a-t-il ajouté, soulignant que le prévenu a été jugé "coupable" des faits qui lui étaient reprochés.
Il a été condamné à "sept ans et quatre mois d'emprisonnement, assortis d'une privation de ses droits civiques pour la durée de sa peine et pendant un an après son exécution".
Osama Almasri Najim fait aussi l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, commis depuis le 15 février 2015.
En janvier 2025, il avait été interpellé dans un hôtel de Turin (nord de l'Italie) peu après l'émission de ce mandat. Mais il avait été libéré deux jours plus tard sur ordre de la Cour d'appel de Rome pour vice de procédure et immédiatement expulsé vers Tripoli à bord d'un avion affrété par l'État italien.
Son renvoi en Libye, où il avait été arrêté et placé en détention en novembre 2025, avait causé une vive polémique politique en Italie et suscité la consternation au sein de la CPI.
La Cour européenne des droits de l'homme basée à Strasbourg, saisie par deux migrants, un Soudanais et une Ivoirienne, qui ont dénoncé des actes de torture dans des centres dirigés par Osama Najim, a demandé fin mai des explications à l'Italie pour ce rapatriement.
La Libye, minée par des luttes fratricides depuis la chute de l'autocrate Mouammar Kadhafi, est divisée en deux et gouvernée par des exécutifs parallèles: celui d'Abdelhamid Dbeibah à l'ouest, reconnu par l'ONU; un autre à l'est, affilié au puissant maréchal Khalifa Haftar et à sa famille.

