L'université Lyon 2 a interdit à un enseignant, qui avait qualifié de "génocidaires à boycotter" 20 personnalités dont une majorité de confession juive et publié un visuel reprenant des clichés antisémites, d'exercer pendant 18 mois, a indiqué jeudi le rectorat.
Le professeur d'histoire médiévale Julien Théry a été jugé responsable de "manquements au devoir de dignité, de mesure et d'exemplarité" et d'"atteinte à l'image et au fonctionnement de Lyon 2", a détaillé à l'AFP le rectorat, confirmant une information du site Lyon Mag.
La sanction a été assortie d'une privation de salaires, a-t-il ajouté.
Le professeur avait été suspendu à titre conservatoire début décembre par la faculté Lumière, qui avait peu avant signalé les faits au parquet.
Fin novembre, la Ligue contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) avait dévoilé un message posté le 20 septembre par Julien Théry sur son compte Facebook.
Sous la mention "20 génocidaires à boycotter en toute circonstance", figuraient 20 noms dont ceux du présentateur Arthur ou des acteurs Charlotte Gainsbourg et Philippe Torreton, assortis de leurs photos.
La veille, ces 20 personnalités avaient publié dans Le Figaro une lettre ouverte à Emmanuel Macron, qui s'apprêtait à reconnaître au nom de la France l'Etat palestinien, pour lui demander d'exiger d'abord la libération de tous les otages retenus à Gaza et le démantèlement du Hamas.
Cette publication avait été vivement critiquée, jusqu'au ministre de l'Education qui l'avait jugée "profondément scandaleuse".
Le chef des députés LR Laurent Wauquiez, ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes (AuRA), devenu conseiller spécial une fois élu député en 2024, avait accusé Lyon 2 en 2025 de "dérive islamo-gauchiste" en affirmant que s'y tenaient des repas de rupture du jeûne du ramadan et des "prières musulmanes", ce qu'avait nié la direction de l'université.
Le 1er avril 2025, un incident avait éclaté à Lyon 2: l'intrusion de personnes encagoulées dans un cours de Fabrice Balanche, spécialiste de l'Irak et de la Syrie, vivement pris à partie par les militants le traitant de "raciste" et "sioniste".
Puis M. Wauqiez avait annoncé sur CNews le 7 mai 2025 que le président de la région et lui avaient décidé de "supprimer toutes les aides à cette université" tant qu'une "mission d'inspection" n'était pas diligentée par le gouvernement pour "faire la lumière sur l'ampleur de la dérive islamo-gauchiste" de Lyon 2.
Or, un mois après que la Chambre régionale des comptes (CRC) eut jugé infondé l'arrêt d'une des subventions, la préfète d'AuRA a, le 19 mai dernier, mis en demeure la région de la payer.
Jeudi, M. Wauquiez a affirmé dans le Progrès que le gouvernement avait accepté de déclencher la mission d'inspection qu'il réclamait, en rendant public un courrier des ministres de l'Enseignement supérieur et de l'Intérieur, Philippe Baptiste et Laurent Nuñez, annonçant "une mission confiée à l'Inspection générale de l'Education", à laquelle se joindront les services de la Direction nationale du renseignement territorial de la police.
"Je me réjouis que nos alertes aient été entendues", a déclaré M. Wauquiez au Progrès.
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