Les Américains sont confrontés à une inflation au plus haut depuis trois ans, mais des économistes estiment que le pire est peut-être derrière eux grâce à la détente au Moyen-Orient et à la baisse des prix à la pompe.
Les Etats-Unis ont connu en mai une inflation à 4,1% sur un an, selon l'indice PCE publié jeudi.
C'est conforme aux attentes des marchés financiers et dans la même veine que l'indice des prix à la consommation (CPI) pour mai, dévoilé plus tôt ce mois-ci.
C'est surtout plus du double de ce que vise la banque centrale américaine (Fed), chargée de créer les conditions d'une stabilité des prix (considérée comme étant une inflation limitée à 2%).
Cet objectif semblait à portée de main début 2025. La situation s'est dégradée graduellement ensuite, notamment à cause des droits de douane mis en place par le président Donald Trump.
La guerre contre l'Iran a marqué une rupture significative en raison de la flambée du coût de l'essence. L'inflation restait limitée à 2,8% avant les premiers bombardements israélo-américains, le 28 février.
Le carburant est toutefois loin d'être le seul poste de dépense à avoir augmenté.
En témoigne l'inflation sous-jacente (hors prix volatils de l'alimentation et de l'énergie), qui s'est aussi accélérée, à 3,4% en mai (contre 3,3% en avril).
- "Bonne nouvelle" -
"Les Etats-Unis sont à nouveau confrontés à un problème d'inflation", a résumé dans une note Heather Long, économiste pour la banque Navy Federal Credit Union.
"Le logement, les soins de santé et l'électricité exercent également une pression sur le budget des ménages et sur l'inflation globale", souligne-t-elle.
Elle pointe toutefois une "bonne nouvelle": le reflux des prix à la pompe au mois de juin, qui reflète la baisse des tensions au Moyen-Orient.
La guerre, impopulaire aux Etats-Unis, a mis sous pression l'exécutif américain à quelques mois d'élections nationales, et le président Trump s'est efforcé de sceller une sortie de crise avec Téhéran.
En moyenne à l'échelle nationale, le prix de l'essence de base est repassé cette semaine sous quatre dollars le gallon (soit 3,8 litres, volume de référence dans le pays), selon les relevés de l'association automobile américaine (AAA).
Cela reste supérieur au niveau d'avant la guerre (environ trois dollars), mais les cours du brut continuent de chuter, présageant un répit plus conséquent dans les semaines à venir.
"Avec la chute des cours du pétrole, qui sont repassés sous la barre des 70 dollars le baril (pour la référence américaine, le WTI, NDLR), nous estimons que l'inflation globale a atteint son pic et qu'elle devrait s'orienter à la baisse au second semestre, à condition que le détroit d'Ormuz reste ouvert", a expliqué Kathy Bostjancic, économiste de l'assureur Nationwide.
Selon les calculs de Mark Zandi, économiste de Moody's, la guerre coûte déjà 1.000 dollars à un ménage américain moyen, et même "probablement plus".
Il y a l'essence, bien sûr, mais la facture énergétique liée au conflit est aussi répercutée par les entreprises sur les prix des courses alimentaires, livraisons de produits, billets d'avion...
Mark Zandi compte également l'impact fiscal dû aux dépenses militaires accrues et celui sur les coûts d'emprunt, les prêteurs réclamant une meilleure rémunération quand l'inflation grignote leurs gains futurs.
A l'issue de sa dernière réunion de politique monétaire, la Fed a signalé qu'elle pourrait prochainement augmenter ses propres taux d'intérêt.
La banque centrale fait désormais du retour à la stabilité des prix sa priorité. Surtout qu'en parallèle, l'économie américaine montre peu de signes de faiblesse.
Le taux de chômage reste bas, à 4,3%, et la croissance du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre a été révisée en hausse jeudi, à 2,1% en rythme annualisé contre 1,6% précédemment estimé.
myl/els/er
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