Bangladesh: la peine de mort envisagée pour les auteurs de disparitions forcées

Un projet de loi visant à instaurer la peine de mort pour les auteurs de disparitions forcées doit être présenté au Parlement du Bangladesh, après le recensement de plus de 1.500 cas survenus sous le régime de l'ancienne Première ministre Sheikh Hasina.

"Si une disparition forcée entraîne la mort de la victime, la peine encourue pourra aller jusqu'à la peine capitale", a indiqué le gouvernement dans un communiqué,après l'adoption lundi soir du projet de "loi sur la prévention et les recours en matière de disparition forcée", sur lequel le Parlement va devoir se prononcer.

Après sa chute en août 2024, Sheikh Hasina, qui dirigeait ce pays d'Asie du Sud d'une main de fer depuis 2009, a été accusée d'avoir eu recours aux forces de l'ordre pour réprimer toute forme de dissidence.

La plupart des victimes de ces disparitions forcées, attribuées à la police et aux forces armées bangladaises agissant sur ses ordres, appartenaient au Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) ou au mouvement islamiste Jamaat-e-Islami.

Une commission indépendante chargée d'enquêter sur ces disparitions a recensé 1.569 cas durant le régime de l'ex-cheffe du gouvernement. Sur ce total, 251 personnes restent portées disparues et sont présumées mortes.

Le Premier ministre actuel Tarique Rahman (BNP) qui a remporté les élections législatives en février, s'est engagé à mettre fin aux violences de la période précédente.

Le projet de loi prévoit en outre que les familles des victimes soient indemnisées à partir des biens confisqués aux personnes condamnées.

Sheikh Hasina, 78 ans, en exil en Inde, a été condamnée à mort par contumace en novembre 2025 pour crimes contre l'humanité, notamment pour avoir incité et ordonné des meurtres.

Des organisations de défense des droits humains estiment que les rivalités politiques, la faiblesse de l'Etat de droit et une culture de l'impunité alimentent la poursuite des violences au Bangladesh.

La semaine dernière, l'ancienne Première ministre a affirmé à l'AFP qu'elle restait déterminée à rentrer dans son pays malgré les risques qui pèsent sur sa vie.

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