Le tribunal de paix en Colombie a inculpé mardi 27 ex?guérilleros des Farc pour crimes contre l'humanité et violences sexuelles commis durant le sanglant conflit armé qui a secoué le pays pendant des décennies.
La Juridiction pour la Paix (JEP), née de l'accord conclu par l'Etat et la guérilla des Farc en 2016, a annoncé des inculpations visant les anciens "principaux responsables" de l'organisation aujourd'hui dissoute pour "attentats, massacres, homicides, disparitions, déplacements, viol, violences sexuelles et autres faits", selon un communiqué publié sur X.
La JEP juge les crimes les plus graves du conflit armé colombien avec des peines alternatives à la prison pour ceux qui reconnaissent leurs actes et offre réparation aux victimes.
Parmi les personnes citées à comparaître dans cette affaire figurent quatre ex-commandants des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), dont Rodrigo Londoño, alias Timochenko, qui a signé l'historique accord ayant permis au président de l'époque, Juan Manuel Santos, d'obtenir le prix Nobel de la paix.
Après la signature de la paix, ils se sont soumis à la justice transitionnelle.
L'an dernier, ils ont reçu leurs premières condamnations dans le cadre d'une enquête sur des enlèvements massifs: huit ans de restrictions de mobilité et de travaux communautaires, qui débuteront dans les prochains mois.
Dans cette nouvelle affaire, les accusés sont considérés responsables "par action ou par omission" de divers crimes, selon la juge Julieta Lemaitre, qui a décrit des cas de sévices infligés à des civils et estimé que dans les rangs de la guérilla s'était instauré un "schéma" de violences sexuelles.
L'institution fait l'objet de critiques de certains groupes politiques qui estiment que les peines infligées aux ex?guérilleros sont trop clémentes et rejettent les poursuites pour les crimes commis par des groupes paramilitaires soutenus par l'Etat.
Lors de sa campagne, le président élu Abelardo de la Espriella, qui a battu la gauche au pouvoir et prendra ses fonctions vendredi, a promis de démanteler la JEP, qu'il qualifie de "tribunal de la vengeance" prononçant des condamnations "asymétriques".

