Des ONG accusent Israël de "crime de guerre" après la mort d'une journaliste libanaise

Trois organisations de défense des droits humains ont qualifié jeudi de "crime de guerre" une attaque israélienne dans le sud du Liban, qui a coûté la vie à la journaliste Amal Khalil en avril.

Cette Libanaise de 42 ans, qui travaillait pour le quotidien Al-Akhbar, a été tuée et la caméraman indépendante Zeinab Faraj blessée dans une attaque survenue le 22 avril dans le village d'al-Tiri.

Les deux femmes s'étaient réfugiées dans un bâtiment après qu'une frappe israélienne avait visé une voiture qui les précédait. Mais le bâtiment a été pris pour cible et, si Zeinab Faraj avait pu être secourue, les autorités libanaises avaient accusé l'armée israélienne d'avoir entravé les opérations de sauvetage visant à sauver Amal Khalil alors qu'elle était encore en vie.

Human Rights Watch (HRW), Amnesty International et l'organisation libanaise The Legal Agenda ont publié jeudi des enquêtes distinctes.

HRW parle "d'attaques manifestement délibérées contre des civils (...) ce qui constitue un crime de guerre".

Amnesty dénonce également une "attaque directe contre des civil·e·s", appelant à diligenter une "enquête pour crime de guerre".

Les deux ONG affirment que "l'armée israélienne savait ou aurait dû savoir" que deux femmes civiles s'étaient abritées dans le bâtiment visé, pointant l'utilisation de drones survolant la zone à basse altitude.

L'enquête menée par The Legal Agenda a elle aussi conclu à "des crimes de guerre et des violations graves du droit international humanitaire".

Au moment des faits, l'armée israélienne avait déclaré avoir frappé un véhicule "qui venait de quitter une installation militaire utilisée par le Hezbollah", mouvement pro-iranien, et par la suite un bâtiment. Et avait démenti avoir empêché les équipes de secours d'accéder à la zone.

Dans une réponse au rapport d'Amnesty, elle a précisé que "l'incident avait fait l'objet d'un examen préliminaire et que les enseignements" avaient été tirés, "regrettant tout préjudice causé aux journalistes".

Amal Khalil était une correspondante chevronnée du journal Al-Akhbar et avait régulièrement couvert l'actualité au sud du Liban, tant après que le Hezbollah eut entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars en attaquant Israël, que lors des précédentes hostilités de 2023-2024.

Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), "15 journalistes et professionnels des médias ont été tués par Israël" au Liban depuis octobre 2023.

Le 13 octobre 2023, le journaliste de Reuters Issam Abdallah a péri et six autres personnes ont été blessées, dont les journalistes de l'AFP Dylan Collins et Christina Assi, qui a dû être amputée d'une jambe.

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