Centrafrique: l'ex-président Bozizé mis en cause dans la disparition d'un opposant

L'ex-président centrafricain François Bozizé a été mis en cause dans la disparition, puis la mort présumée de l'ex-ministre et opposant Charles Massi, lors d'un procès devant la Cour pénale spéciale (CPS) à Bangui.

La CPS de la République centrafricaine a ouvert le 16 juin le procès par contumace de l'ex-président, accusé de crimes contre l'humanité commis entre 2009 et 2013 dans une prison et un camp militaire de Bossembélé, dans le centre du pays.

Questionnée lundi au procès sur les circonstances de la disparition de Charles Massi, son ex-compagne Hortense Balley Kombet a directement désigné l'ancien chef de l'Etat, a constaté un journaliste de l'AFP.

Porté disparu en janvier 2010, M. Massi avait été plusieurs fois ministre sous les présidences de Ange Félix Patassé et François Bozizé, avant de passer dans l'opposition.

Selon le récit de Balley Kombet, M. Massi aurait été arrêté par les autorités tchadiennes alors qu'il envisageait de rejoindre la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), un groupe armé alors actif en Centrafrique.

Elle a soutenu qu'il aurait ensuite été "échangé contre Baba Laddé", un rebelle tchadien, avant d'être remis à des éléments de la garde présidentielle centrafricaine. Elle a affirmé devant les juges que l'ancien ministre aurait alors été torturé puis tué.

Ce procès, dit "Bossembélé" du nom de la ville où la plupart des crimes présumés ont été commis, est le sixième ouvert devant la CPS.

Il oppose le parquet spécial et les parties civiles à François Bozizé Yangouvonda et trois coaccusés, Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy.

Les quatre hommes sont jugés pour des crimes contre l'humanité présumés commis entre 2009 et mars 2013. Les poursuites portent sur des faits allégués de meurtre, de privation grave de liberté, de torture et actes inhumains, ainsi que de disparitions forcées.

Francois Bozizé, 79 ans, qui s'était emparé du pouvoir en 2003 par un coup d'Etat avant d'être renversé 10 ans plus tard par des rebelles, vit en exil en Guinée-Bissau depuis mars 2023.

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