La cheffe de la CPI affirme qu'elle "ne baissera pas les bras" face aux sanctions américaines

La présidente de la Cour pénale internationale (CPI), la Japonaise Tomoko Akane, a déclaré mercredi qu'elle "ne baisserait pas les bras", même si les sanctions américaines à son encontre venaient à s'étendre à l'institution elle-même.

Les Etats-Unis ont annoncé la semaine dernière des sanctions contre Mme Akane, ainsi que le substitut du procureur de la CPI, le Sénégalais Abdoulaye Seye, dans le cadre de leur campagne contre cette institution accusée d'être "politisée".

Ces sanctions interdisent notamment aux magistrats d'entrer sur le sol américain et bloquent toute transaction immobilière ou financière avec eux aux Etats-Unis.

S'exprimant à distance devant des journalistes à Tokyo, Mme Akane a déclaré jeudi que les sanctions prises à son encontre s'étaient traduites pour l'instant par le blocage de ses cartes de crédit, tout en jurant de rester ferme.

"Même si des sanctions contre la CPI elle-même venaient s'ajouter, nous ne baisserons pas les bras", a-t-elle assuré.

Les propos de Mme Akane interviennent au lendemain de propos de la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, qui a nié que son gouvernement faisait preuve de "faiblesse" en qualifiant les sanctions américaines de simplement "très regrettables", une formulation que certains ont jugée légèrement plus modérée que l'habituel "extrêmement regrettable".

"En tant que premier contributeur au financement de la CPI, nous devons protéger une organisation d'une telle importance", a déclaré Mme Takaichi aux journalistes mercredi, ajoutant que son pays "s'engagera quand et là où cela sera nécessaire".

L'Union européenne et le Japon ont déjà apporté leur soutien à la présidente de la CPI la semaine dernière.

Le magistrat français Nicolas Guillou, qui travaille également pour la CPI et a été sanctionné par les Etats-Unis l'année dernière, s'était lui aussi retrouvé du jour au lendemain privé de sa carte Visa.

Fondée en 1998 et entrée en fonctions en 2002, la CPI, juridiction pénale internationale permanente, est chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l'humanité, crime d'agression et crime de guerre.

Elle traverse une grave crise, prise à partie par les Etats-Unis qui sont signataires du Statut de Rome ayant fondé la CPI, mais qui ne l'ont jamais ratifié.

Ni Israël ni la Russie n'en sont membres.

tmo/vgu/cn

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