Un Irlandais de soixante ans sera jugé en octobre pour "menace de mort" et "apologie de crimes contre l'humanité", après avoir pris à partie et tenu des propos antisémites à l'encontre d'un couple de touristes juifs australiens dans un supermarché près d'Avignon.
Sans antécédent judiciaire connu, le mis en cause "a reconnu les faits tout en les contextualisant; il a déclaré regretter ses propos, expliquant s'être laissé emporter par la colère", précise dans un communiqué jeudi la procureure d'Avignon Stéphanie Aouine.
L'altercation s'était déroulée le 11 août dans un supermarché du Pontet (Vaucluse). Une vidéo de l'incident, virale sur les réseaux sociaux, avait indigné le gouvernement.
Après un échange "cordial" à propos d'un maillot de foot français porté par le ressortissant australien, la discussion avait dérivé "sur la politique irlandaise vis-à-vis d'Israël." Le mis en cause était "alors devenu agressif et aurait tenu des propos à caractère antisémite" précise la procureure.
"La vacancière australienne a sorti son téléphone afin de filmer la scène. Leur interlocuteur a alors tenté de mettre fin à l'échange en s'éloignant, avant de la menacer, en anglais, de la tuer s'ils ne le laissaient pas tranquille", selon la même source.
C'est la préfecture de Vaucluse, au titre de l'article 40, qui a signalé les faits. Identifié, le couple de touristes australiens a porté plainte. Le mis en cause a également été identifié, retrouvé et placé en garde à vue mercredi et des "supports numériques saisis" à son domicile doivent encore être exploités, précise le parquet.
"Le parquet d'Avignon a déféré l'intéressé dans le cadre d'une comparution par procès-verbal des chefs de menace de mort sous condition et d'apologie de crimes contre l'humanité", a précisé la procureure.
Le parquet a requis son placement sous contrôle judiciaire "jusqu'à l'audience devant le tribunal correctionnel qui devrait avoir lieu courant octobre."
Dans la vidéo de l'altercation visionnée par l'AFP, mais qui n'a pas pu être authentifiée de manière indépendante, on entend une allusion à Adolf Hitler -sans pouvoir identifier son locuteur.
Après la diffusion de la vidéo, les ministres Serge Papin (Commerce et Tourisme) et Aurore Bergé (Lutte contre les discriminations) avaient condamné dans un communiqué des "menaces antisémites" et "une violence aussi glaçante qu'inacceptable."

