Guinée: un ex-magistrat poursuivi pour collusion présumée avec un opposant

Un magistrat réputé en Guinée, récemment révoqué puis placé en détention près de la capitale Conakry, a été auditionné mercredi par la Cour suprême après des soupçons de collusion avec un opposant, a appris l'AFP d'une source proche du dossier.

Algassimou Diallo s'était fait remarquer l'an dernier comme chef du parquet lors du procès du massacre du 28 septembre 2009 dans un stade de Conakry.

Plusieurs hauts responsables guinéens avaient été déclarés coupables pour leur responsabilité et implication dans les crimes contre l'humanité commis lors de cette tuerie d'au moins 156 personnes lors d'un rassemblement d'opposants.

M. Diallo qui a ensuite occupé d'autres fonctions comme juge, a été inculpé et placé en détention le 27 août à Coyah, près de Conakry, pour "incitation à la haine, provocation à la haine et association de malfaiteurs", a affirmé mercredi à l'AFP cette source proche du dossier.

Il avait été révoqué le 18 août de ses fonctions de magistrat par le Conseil supérieur de la magistrature qui lui a reproché des "manquements graves" à ses devoirs. Un décret présidentiel a confirmé cette décision le 21 août. Il est depuis visé par une procédure judiciaire.

Il lui est reproché notamment un enregistrement audio dans lequel il aurait échangé avec l'ancien Premier ministre et opposant Cellou Dalein Diallo, en exil à l'étranger, des messages présentés comme hostiles au pouvoir, a indiqué à l'AFP une autre source proche du dossier.

L'authenticité de cet enregistrement n'est pas établie, ont indiqué plusieurs sources.

L'ex-magistrat "est arrivé (mercredi) sous escorte policière" à la Cour suprême à Conakry qu'il a quittée après une longue audition, a dit l'une des sources, sans plus de détail.

Depuis l'arrivée au pouvoir du général Mamadi Doumbouya -- par un coup d'État en 2021, puis élu président fin 2025 -- des partis politiques ont été suspendus, les manifestations sont réprimées et de nombreux dirigeants de l'opposition ainsi que de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l'exil.

Les cas d'enlèvements et de disparitions forcées de voix dissidentes et de leurs proches se sont multipliés ces dernières années en Guinée. Les autorités ont toujours nié être au courant.

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