La dépouille de l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, décédé la semaine dernière à la Haye où il purgeait sa peine de prison, notamment pour le génocide de Srebrenica en 1995, est arrivée jeudi à Belgrade où elle a été accueillie avec les honneurs militaires, selon les images diffusées.
Le cercueil, recouvert d'un drapeau serbe, a été porté par six militaires d'un avion gouvernemental vers un fourgon, avant d'être transporté en cortège sous escorte policière vers un hôpital militaire de Belgrade, a rapporté la télévision nationale RTS.
Durant le vol, le cercueil était accompagné par le fils de Ratko Mladic, Darko, et par le ministre serbe de la Justice, Nenad Vujic.
Sur son trajet, le convoi a été salué par des dizaines de jeunes hommes, rassemblés sur des passerelles surplombant l'autoroute. Ils arboraient des banderoles rendant hommage à Mladic et allumaient des fumigènes, selon des images diffusées par des médias proches du gouvernement.
Selon ces mêmes médias, un hommage public à Ratko Mladic sera rendu lundi dans une église de Belgrade, avant les funérailles le même jour, mais aucune annonce officielle n'a encore été publiée.
Plus tôt dans la journée, le président serbe Aleksandar Vucic a laissé entendre que le défunt général de l'armée des Serbes de Bosnie serait enterré en Serbie. Il a évoqué une opération "difficile" pour "garantir la sécurité" de "dizaines de milliers de personnes" attendues à l'enterrement.
"C'est une tâche extrêmement exigeante pour nos services. Nous mobiliserons toutes les forces disponibles afin de garantir la sécurité de tous les citoyens", a poursuivi M. Vucic.
Ratko Mladic a été condamné en 2017 à la prison à perpétuité par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pendant la guerre de Bosnie, un verdict confirmé en appel en 2021. Ce conflit a fait près de 100.000 morts entre 1992 et 1995.
- Appel des vétérans -
Il a été reconnu coupable notamment pour le massacre de Srebrenica (est) lors duquel ses forces ont tué, en juillet 1995, environ 8.000 hommes et adolescents bosniaques, crime qualifié de génocide par la justice internationale.
Gravement malade depuis des mois, Mladic est décédé le 27 août, à l'âge de 84 ans, à la Haye (Pays-Bas), où il purgeait sa peine dans un centre pénitentiaire de l'ONU.
Au lendemain de son décès, le ministre serbe de la Justice avait déclaré que Mladic recevrait "tous les honneurs militaires et d'Etat auxquels il a droit" lors de ses funérailles.
Quelques jours plus tard, la commissaire européenne à l'Elargissement, Marta Kos, a souligné que la glorification des criminels de guerre "est contraire aux valeurs fondamentales européennes et n'a sa place ni dans l'Union européenne, ni dans les pays qui aspirent à en devenir membres".
Aleksandar Vucic a expliqué jeudi que la famille de Mladic allait dire "ce qu'elle prévoit et ce qu'elle souhaite" pour les funérailles, et que les autorités allaient "fournir tout le soutien logistique, de transport et (...) préserver l'ordre public et la sécurité".
A Banja Luka, capitale de l'entité serbe de Bosnie, où les tensions sont montées d'un cran depuis le décès de Mladic, le président de l'association des vétérans serbes bosniens, Milovac Gagic, a appelé jeudi au calme, en demandant à ses membres et aux citoyens de faire preuve de "dignité" le jour de funérailles.
L'association organisera le transport en Serbie pour ses membres qui souhaitent assister aux funérailles. "Un grand nombre" de vétérans sont inscrits, selon M. Gagic.

