La "glorification" de Mladic est un crime, pour le Conseil de l'Europe

La "glorification" de l'ex-chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, mort fin août dans sa prison de La Haye, est un "crime" au sens de la loi en Bosnie, rappelle vendredi le Conseil de l'Europe.

Alors que la dépouille de l'ancien soldat, condamné notamment pour le génocide de Srebrenica en 1995, a été accueillie jeudi en Serbie avec les honneurs militaires, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O'Flaherty, a dit "exécrer la glorification publique" de Ratko Mladic, décédé le 27 août à l'âge de 84 ans.

En Bosnie, plusieurs milliers de personnes ont rendu hommage mardi soir à Banja Luka, capitale de l'entité serbe, à Ratko Mladic. M. Mladic a été condamné en 2017 à la perpétuité par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pendant la guerre de Bosnie. Ce conflit a fait près de 100.000 morts de 1992 à 1995.

"Une telle glorification constitue un crime au regard de la loi en Bosnie-Herzégovine et ne relève pas de la liberté d'expression au sens de la convention européenne des droits de l'homme", rappelle M. O'Flaherty.

"J'appelle les autorités à s'opposer à la glorification de criminels de guerre condamnés", ajoute-t-il.

La Serbie et la Bosnie sont toutes deux membres du Conseil de l'Europe, instance de 46 pays membres qui siège à Strasbourg. Le Conseil est chargé de faire appliquer la convention européenne des droits de l'homme via la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).

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