Sur les lieux du mariage endeuillé en Iran, ruines et désolation

De la maison où des Iraniens s'étaient réunis mardi dernier pour célébrer un mariage, avant qu'une frappe ne sème la mort, il ne reste que des fenêtres soufflées, des murs noircis et des photos de famille éparpillées dans les décombres.

Une équipe de l'AFP s'est rendue dimanche sur place, dans la ville côtière de Kuhestak lors d'une visite encadrée par les autorités iraniennes, et a pu constater l'ampleur des dégâts de ce bombardement attribué par Téhéran aux Etats-Unis, au septième mois qu'une guerre qui a fait des milliers de morts.

Ils sont cinq à avoir péri le 1er septembre, parmi lesquels un enfant de quatre ans et trois femmes, dont l'une a succombé à ses blessures à l'hôpital. Près de 70 personnes ont été blessées.

Les mariés n'étaient pas encore arrivés quand l'explosion a ravagé la maison de la famille Mallahi, au milieu d'une salve de frappes américaines d'ampleur sur le sud de l'Iran.

Mais des dizaines de femmes et d'enfants s'étaient déjà rassemblés sur les lieux, attendant que les festivités commencent, selon des proches qui se sont confiés aux médias iraniens.

Près d'une semaine plus tard, on voit des murs fissurés, un trou béant et un plafond éventré. D'élégantes sandales s'empilent dans une pièce, vestiges d'une soirée qui a tourné à la tragédie.

Kuhestak, plus habituée au bruit des vagues du détroit d'Ormuz qu'au grondement des explosions, avait jusqu'à présent été épargnée par les frappes.

Mais elle abrite une tour de télécommunications, qui a été détruite dans l'attaque. Dimanche, des ouvriers s'affairent à en découper les débris, tandis que de nombreux éclats d'obus sont visibles dans les environs.

Haute d'environ 15 mètres, cette tour se dressait près du port, à une centaine de mètres de la maison où se tenait le mariage.

Un bâtiment technique et administratif a également été gravement endommagé. Tout comme la jetée et une grande péniche.

Les autorités iraniennes ont accusé les Etats-Unis de "crime de guerre", le pouvoir judiciaire affirmant qu'ils avaient utilisé des munitions à guidage de précision.

Washington n'a pas reconnu sa responsabilité dans l'attaque mais a assuré mener "une enquête approfondie".

Des responsables américains ont précisé de leur côté que l'armée avait pris pour cible des infrastructures de communication et d'autres infrastructures militaires dans la région.

Après un mois d'accalmie, les hostilités ont repris fin août à l'initiative de Washington et depuis, les échanges de frappes se poursuivent sans issue diplomatique en vue.

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