États-Unis : pas de répit sur le front de l'inflation, une hausse des taux de la Fed se profile

L'inflation ne s'est pas calmée en août, les prix à la pompe flambent... Aux États-Unis, la banque centrale (Fed) ne semble avoir guère d'autre option que de relever ses taux pour refroidir l'économie, ce qui déplairait fortement à Donald Trump.

Un rapport officiel, publié vendredi, montre que les tickets de caisse n'ont pas été saisis de torpeur estivale dans la première économie mondiale.

L'indice des prix à la consommation (CPI) a progressé de 3,4% sur un an en août, le même rythme - élevé - qu'en juillet. D'un mois sur l'autre, l'inflation a même accéléré à 0,4% (contre 0,1% en juillet).

Par définition, ces données ne rendent pas compte du récent rebond des prix à la pompe, dû notamment à la reprise des hostilités militaires entre Washington et Téhéran autour du stratégique détroit d'Ormuz.

Le diesel, carburant des tracteurs et camions aux États-Unis, a battu un nouveau record et dépassé vendredi le seuil symbolique de six dollars le gallon (3,8 litres), selon les relevés de l'association automobile américaine.

Il coûtait autour de 3,50 dollars au début de l'année, avant le début de la guerre.

La publication des données CPI était précédée d'une tension inhabituelle.

Plusieurs responsables de la banque centrale de la première économie mondiale avaient fait comprendre qu'elles détermineraient largement l'issue de leur prochaine réunion, les 15 et 16 septembre.

Deux scénarios sont possibles, en fonction de leur lecture du document de 38 pages : prolongement du statu quo (les taux directeurs sont entre 3,50% et 3,75% depuis décembre) ou hausse des taux, la première depuis l'été 2023.

Les investisseurs ont massivement conclu que la seconde option allait s'imposer.

Ils parient désormais à plus de 85% sur un resserrement monétaire, selon l'outil de veille CME FedWatch. Ils étaient autour de 70% la veille.

- "Pas de signaux" -

Le président et ancien promoteur immobilier Donald Trump fait inlassablement campagne pour des taux plus bas, afin de rendre les crédits moins chers et de stimuler l'économie.

Que l'inverse se produise serait un coup dur pour sa majorité, à quelques semaines des élections législatives de mi-mandat.

Une musique monte depuis plusieurs semaines en provenance de la Maison Blanche, suggérant que voter pour une hausse des taux directeurs serait "antipatriote".

Donald Trump se dit par ailleurs certain que les prix du pétrole plongeront après les élections.

Autre point urticant pour le gouvernement américain : l'inflation pousse les prêteurs à demander à l'État fédéral toujours plus d'argent en échange du financement de la monumentale dette publique, ce qui la fait gonfler davantage.

Par effet d'entraînement, les crédits aux entreprises et aux particuliers se renchérissent aussi. Avant même, donc, que la Fed n'ait agi.

En temps normal, à quelques jours de l'ouverture du huis clos monétaire, les dés semblent jetés depuis longtemps.

"L'incertitude entourant cette réunion n'est pas inédite mais rare", a souligné l'économiste de l'agence Moody's, Mark Zandi, auprès de l'AFP.

Cela découle, selon lui, "des divergences d'opinions sincères entre les responsables quant à la ligne à adopter, mais aussi du fait que le nouveau président (Kevin Warsh, désigné par Donald Trump au printemps, ndlr) ne veuille pas donner de signaux" explicites aux investisseurs.

myl/els/lrb

MOODY'S CORP.

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