Le Parlement du Kosovo a approuvé dimanche un nouveau gouvernement du Premier ministre par intérim, Albin Kurti, au pouvoir depuis 2021, trois mois après les législatives anticipées, une avancée qui toutefois ne promet pas de mettre fin à une crise institutionnelle à l'origine des scrutins à répétition.
Le cabinet composé essentiellement de cadres de Vetevendosje (VV, Autodétermination), formation de M. Kurti tenant d'une politique sociale marquée à gauche et d'une orientation nationaliste, a été entériné par 62 voix, dans un Parlement qui compte 120 députés, a précisé la présidente du Parlement, Albulena Haxhiu.
Le nouveau gouvernement a été élu grâce au soutien des députés représentant les minorités, sauf la minorité serbe. Les deux principaux partis d'opposition ont boycotté la séance, a constaté un journaliste de l'AFP.
Au scrutin du 7 juin, le Vetevendosje a recueilli 47,13% des voix, lui assurant 53 sièges.
Dans un discours prononcé avant le vote, M. Kurti a assuré que les questions sociales figureraient parmi les priorités de son nouveau cabinet.
En évoquant la politique étrangère, il a déclaré que "l'obtention du statut de pays candidat à l'Union européenne (demeurait le) principal objectif (...) et l'orientation stratégique prioritaire".
Même si sa formation est arrivée largement en tête des trois élections législatives organisées depuis février 2025, dont deux scrutins anticipés - en décembre 2025 et en juin 2026 -, M. Kurti, 51 ans, n'a pas réussi à négocier avec les partis d'opposition une sortie de la crise institutionnelle, en raison de profondes divisions politiques.
L'entrave principale en est l'élection du président du jeune pays, ancienne province serbe qui a proclamé en 2008 son indépendance. Le président est élu par le Parlement, mais une majorité des deux tiers est nécessaire.
- Verdict contre Thaçi -
A défaut donc d'un large compromis pour élire le chef d'Etat, un nouveau scrutin doit chaque fois être convoqué.
Cette crise coûte au Kosovo, l'un des pays les plus pauvres d'Europe, qui ne peut pas recevoir des millions d'euros de fonds européens tant qu'il n'est pas doté d'un Parlement qui fonctionne et d'un président.
Depuis les législatives de juin, les négociations sont menées surtout pour tenter de parvenir à un candidat présidentiel ayant un large soutien, mais sans succès.
Aussitôt après le scrutin, les experts étaient plutôt pessimistes quant à un dénouement de la crise.
Sa poursuite coïncide désormais avec le prononcé du verdict pour crimes de guerre, annoncé pour mercredi, contre Hashim Thaçi, ancien chef politique de la guérilla kosovare des années 1990, puis Premier ministre et président, un jugement très attendu dans le pays.
M. Thaçi était président du Kosovo au moment de son inculpation en novembre 2020 par le parquet des Chambres spécialisées sur le Kosovo, une cour du droit kosovar mais siégeant à La Haye. Il avait alors démissionné et s'était rendu dans cette ville des Pays-Bas où il a été placé en détention.
Il est fondateur du Parti démocratique du Kosovo (PDK), une des principales forces d'opposition actuellement. Même si le parquet a requis 45 ans de prison contre M. Thaçi, de nombreuses personnes au Kosovo attendent son retour dans le pays.

