Un tribunal du Bangladesh a mardi condamné à mort par contumace sept responsables de l'ancien parti au pouvoir, pour leur rôle dans la répression sanglante des manifestations de l'été 2024 ayant entraîné la chute du régime de Sheikh Hasina.
Au terme de huit mois de procès, ces sept hommes, l'ex-secrétaire général de la Ligue Awami, Obaidul Quader, et l'ancien ministre de l'Information, Mohammad Ali Arafat, ont été reconnus coupables de crimes contre l'humanité, notamment pour avoir incité et ordonné des meurtres.
"Nous sommes satisfaits du verdict", a déclaré mardi le procureur Md Aminul Islam.
En juillet et août 2024, la répression de la révolte étudiante, qui a contraint Sheikh Hasina à quitter le pays après quinze ans de régime autocratique, a fait au moins 1.400 morts, selon l'ONU, pour la plupart des civils.
Menacée par la foule dans son palais de Dacca, Mme Hasina avait fui son pays le 5 août 2024 en hélicoptère vers l'Inde voisine. En novembre 2025, elle a été reconnue coupable de crimes contre l'humanité par un tribunal de Dacca et condamnée par contumace à la peine capitale par pendaison, pour avoir ordonné à la police d'ouvrir le feu.
L'avocat de la défense commis d'office, M Hasan Imam, a estimé que les hommes, condamnés mardi, n'étaient pas directement impliqués dans les meurtres et que le tribunal aurait pu prononcer une peine moins sévère.
"Leur condamnation repose sur des actes commis par d'autres militants et sympathisants de leur parti", a-t-il affirmé.
Les cinq autres condamnés sont AFM Bahauddin Nasim, Sheikh Fazle Shams Parash, Moinul Hossain Khan Nikhil, Saddam Hussain et Sheikh Wali Asif Enan, qui ont tous occupé des fonctions au sein de la Ligue Awami.
Le tribunal a également ordonné que la moitié des biens des sept hommes soit saisie pour indemniser les familles des personnes tuées ou blessées lors des manifestations.
Le verdict de mardi porte à 68 le nombre de personnes condamnées, dont 22 à la peine de mort, lors de procès liés à la révolte étudiante de 2024. Seulement quatre sont en détention.
Le gouvernement de Tarique Rahman, vainqueur en février des premières élections organisées depuis la destitution de Mme Hasina, a demandé son extradition.
L'ex dirigeante de 78 ans, toujours en exil en Inde, a affirmé qu'elle reviendrait dans son pays en décembre.

