Londres soutient à son tour la limitation du veto à l'ONU en cas de crimes de masse

Le Royaume-Uni a décidé d'apporter son soutien à l'initiative franco-mexicaine pour limiter le droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU en cas de crimes de masse, ont annoncé lundi les chefs de la diplomatie française et mexicaine.

Au total, 128 pays ont exprimé leur soutien, ont précisé Jean-Noël Barrot et Roberto Velasco Álvarez, dans un communiqué commun publié en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.

Le Royaume-Uni "devient ainsi le deuxième membre permanent du Conseil de sécurité à prendre cet engagement volontaire" après la France.

Le seuil symbolique des deux tiers des 193 membres de l'Assemblée générale des Nations unies est sur le point d'être ainsi franchi.

La France et le Mexique se félicitent de la "nouvelle dynamique en faveur" de la suspension du veto au sein du Conseil de sécurité des Nations unies en cas de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre commis à grande échelle.

Au cours des quatre derniers mois, ce sont 21 États supplémentaires d'Afrique, d'Amérique latine et des Caraïbes, ainsi que d'Asie, qui ont déclaré leur adhésion, initialement présentée par la France et le Mexique en 2015.

"Par leur soutien à cette déclaration politique, les Etats démontrent leur engagement à garantir que le Conseil de sécurité puisse pleinement exercer sa responsabilité première en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales", ont également estimé Jean-Noël Barrot et Roberto Velasco Álvarez.

Le fonctionnement du Conseil de sécurité est largement paralysé par les veto en particulier de la Russie et des Etats-Unis. Un blocage qui provoque des critiques plus larges sur l'inefficacité de l'ONU à peser dans la résolution des conflits.

En mai dernier, une source diplomatique avait indiqué à l'AFP que si le seuil des deux tiers était franchi, une résolution au vote pourrait être soumise à l'Assemblée générale de l'ONU qui se tient cette semaine.

Bien que non contraignante, si elle était adoptée à une telle majorité, elle rendrait politiquement plus difficile pour un membre permanent du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) d'user de son droit de veto dans ces cas extrêmes.

Mais cette résolution ne sera finalement pas soumise, la France et le Mexique souhaitant s'assurer un soutien plus large.

En effet, parmi les 128 pays ayant exprimé leur soutien au début de l'initiative, certains, notamment le Mali et le Burkina Faso, sont aujourd'hui en froid diplomatique avec Paris.

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