Ségolène Royal, sommée de clarifier ses positions sur la guerre en Ukraine mercredi lors du premier débat de la primaire socialiste, a tenu depuis 2022 de multiples propos controversés sur l'attitude à adopter face à la Russie.
Interpellée sur ce thème par un citoyen sur le plateau de LCI, elle a regretté que "parler de la paix" et d'"équilibre entre défense et médiation" conduise à être "traitée de poutinolâtre".
. PS et écolos dans son viseur
Quelques jours seulement après le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Ségolène Royal s'en était pris aux candidats socialiste Anne Hidalgo et écologiste Yannick Jadot, le 26 février 2022 sur Facebook: "Le plus consternant, ce sont les candidats écolo et PS qui cherchent à se sauver en prenant la posture de +va t'en guerre+ et de pourvoyeurs d'armes".
Selon l'ancienne finaliste de la présidentielle de 2007, "ils tournent le dos aux valeurs de combat pour la paix qui ont toujours structuré notre engagement. Ils ne méritent plus de porter le dossard d'une candidature à l'élection présidentielle".
. Des déclarations chocs en septembre 2022
Quelques mois plus tard, Ségolène Royal avait suscité la controverse pour des propos tenus sur le plateau de BFMTV, le 1er septembre 2022.
Elle avait alors dénoncé "une propagande de guerre par la peur" de la part du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et mis en doute la réalité d'un bombardement sur une maternité à Marioupol dans le sud-est de l'Ukraine en mars. "Vous pensez bien que s'il y avait la moindre victime, le moindre bébé avec du sang, à l'heure des téléphones portables, on aurait eu" les images, avait-elle cinglé.
Elle avait aussi mis en doute le massacre de Boutcha ou "le récit de viol d'enfant pendant sept heures sous les yeux des parents". "C'est monstrueux d'aller diffuser des choses comme ça uniquement pour interrompre le processus de paix", avait-elle affirmé.
Ségolène Royal avait assuré deux jours plus tard sur Twitter n'avoir "jamais nié les crimes de guerre" et s'était excusée "auprès des victimes si elles l'ont pensé". Elle avait ensuite admis auprès de Libération s'être "trompée" au sujet de la maternité.
"Quand je dis cette phrase, personne n'a la preuve de ce qui est arrivé", a-t-elle argué dimanche sur BFMTV, ajoutant savoir "d'expérience que toutes les guerres naissent par des propagandes de guerre".
"Ma parole était une parole de sagesse, c'est-à-dire de vérifier les faits avant de mettre fin à toutes les médiations", a-t-elle estimé.
. Elle persiste et signe
Le 23 octobre 2022 sur i24 News, Ségolène Royal avait enfoncé le clou : "j'avais raison". "Dès que vous émettez une nuance par rapport au discours officiel et à l'action de nos amis américains, vous êtes considérés comme anti-Américains. L'Europe a perdu sa posture de neutralité. L'Europe n'a pas construit sa propre défense" et s'est "alignée sur les Etats-Unis et l'Otan", avait-elle argué.
En mars 2024, l'ancienne ministre de l'Environnement avait suggéré que tous les moyens n'étaient pas recherchés par les Occidentaux pour arrêter la guerre, sur BFMTV : "il y a une pression depuis deux ans sur les Ukrainiens pour refuser de négocier, puisque l'objectif c'est de gagner la guerre", propos qu'elle a réitérés mercredi sur LCI.

